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PROGRAMME 2022-2023

9h -10h : Groupe de travail animé par Jean Brini.

10h-11h : Atelier de topologie animé par Henri Cesbron Lavau.

11h-12h : Conférences, en alternance

le samedi de 9h Ă  12h30, Ă  partir du 24/09, 15/10, 19/11/2022 puis les 21/01, 18/03, 15/04, 13/05, 10/06/2023

Christian Escriva, que nous avons reçu le 15 novembre, participe à une rencontre le dimanche 3 mai à 19 h à Paris, Place de la Concorde, avec Aurélien Barrau et Christian Escriva, dans le cadre d'un évÚnement organisé par le photographe Yann Arthus-Bertrand intitulé : « Vivre ensemble » (du 11 avril au 10 mai 2026).

Inscription obligatoire et gratuite pour cette conférence.

Christian Escriva est cofondateur de la société Le Gattilier.

Aurélien Barrau et Christian Escriva réfléchiront ensemble sur le sens du « Vivre ensemble » à partir de leurs livres respectifs sur Alexandre Grothendieck, considéré comme le plus grand mathématicien du XXÚme siÚcle :

  • Trahir par fidĂ©litĂ©. Contre la fin du monde. Avec Alexandre Grothendieck d'AurĂ©lien Barrau (parution janvier 2026 aux Ă©ditions « Les liens qui libĂšrent »).
  • Les annĂ©es cachĂ©es. Alexandre Grothendieck avec Christian Escriva. Correspondance, 1975-1989. Vie intĂ©rieure, crĂ©ativitĂ©, connaissance scientifique, Ă©cologie radicale (parution aoĂ»t 2025 aux Ă©ditions Odile Jacob).

Lien : https://www.goodplanet.org/fr/domaine/vivre-ensemble/conference-entre-aurelien-barrau-et-christian-escriva/

 


 

La question de l'acte en psychanalyse, passage Ă  l'acte et acting out. Choula Emerich

 

PoĂ©tique de l’Unheimliche : Angoisse et passage Ă  l’acte. ConfĂ©rence d’Alejandra Ruiz LladĂł

 

L’expĂ©rience maternelle du continu et la rĂ©invention du discret dans la prise en charge du traitement psychanalytique. Fabrizio Gambini

 

 

La topologie. L'autre et l'étranger

Henri Cesbron Lavau

C'est la distance entre deux points qui donne Ă  l'espace sa topologie "naturelle". Mais cette topologie euclidienne n'est pas la seule. Elle n'est, dans un premier temps, que la reprĂ©sentation locale d’une topologie plus large : celle de la thĂ©orie de la relativitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e.A l'autre bout de l'Ă©chelle astronomique, c'est une topologie diffĂ©rente encore qui permet de rendre compte, par exemple, de l'intrication quantique.

Autrement dit, l'organisation topologique de l'espace, fût-il celui de la science la plus objectivable, n'est pas un a priori kantien. C'est une donnée médiatisée par une construction qui n'est ni réelle, ni imaginaire, mais symbolique.

Le voisinage d'un point n'est donc défini que relativement à une topologie particuliÚre : deux points peuvent se trouver dans le voisinage l'un de l'autre, ou non, selon la topologie appliquée.

C'est cette incursion du symbolique qui a certainement intéressé Lacan dans son abord de la topologie : on ne peut parler de voisinage sans la notion d'autre.

La topologie est aussi connue comme "science des voisinages".

S'il n'y a pas d'autre, il n'y a pas de voisinage et donc pas de topologie.

L'autre, le diffĂ©rent, est au cƓur de toute topologie.

On peut séparer les points d'un ensemble en un lieu que l'on va qualifier d'intérieur par opposition à un autre qualifié d'extérieur.

La frontiÚre est alors formée des points restants, c'est à dire ceux dont tout voisinage contient nécessairement un point intérieur et un point extérieur.

Revenant sur la multiplicitĂ© des topologies applicables Ă  un mĂȘme ensemble de points, on peut simultanĂ©ment avoir par exemple une topologie fondĂ©e sur les lieux et une topologie fondĂ©e sur les nationalitĂ©s, ou bien sur d'autres diffĂ©rences encore, notamment celles fondĂ©es sur les langues (maternelles).

Ainsi, l'Ă©tranger devient celui qui, se trouvant en proximitĂ© gĂ©ographique (mĂȘme intĂ©rieur) avec d'autres, est avec eux en diversitĂ© langagiĂšre (Ă  l'extĂ©rieur). C'est cette "dissonance" entre deux topologies qui crĂ©e les tensions d'organisations sociales que nous connaissons - pour le meilleur et pour le pire.

A entendre que la source de ces tensions est aussi bien chez l’autre que "chez nous", en tout cas chez ceux qui veulent tout ramener à la topologie des lieux.

En d'autres termes, l'exclusion de l'autre prend sa source dans l'exclusion Ă  nous-mĂȘme opĂ©rĂ©e, dans l'exemple ci-dessus, par l"identification nationale.


Pour introduire la question Aliénation-Séparation

par Virginia Hasenbalg-Corabianu

Dans une rĂ©cente exposition au MusĂ©e de l’Homme, clairement dĂ©diĂ©e Ă  nos enfants, il est affirmĂ© sans dĂ©tour que l’on peut choisir son sexe. Ceci n’est qu’un exemple de ce qui semble rĂ©gir la sociĂ©tĂ© actuelle dominĂ©e par une pensĂ©e de toute-puissance oĂč l’homme pourrait dĂ©cider par lui-mĂȘme du sexe, de la vie et de la mort, en refusant toute aliĂ©nation.

D’un autre cĂŽtĂ© les discours sociologiques et philosophiques rappellent non sans fondement que l’aliĂ©nation existe toujours mais qu’elle serait la rĂ©sultante d’une domination dont il faudrait s’en dĂ©barrasser.

En se dĂ©tachant de ces approches, Lacan redĂ©finit le concept de l’aliĂ©nation en lui donnant ses racines non pas dans la sociĂ©tĂ© mais dans la mise en place de la subjectivitĂ©. Ainsi, la psychanalyse nous permet de penser l’aliĂ©nation en termes d’opĂ©ration logique fondatrice et non pas comme un artefact social. La lecture psychanalytique de l’aliĂ©nation serait nĂ©cessaire pour mettre en perspective les diffĂ©rents effets dans la sociĂ©tĂ© de sa nĂ©gation ou de son statut rĂ©duit Ă  un rapport de forces.

En rĂ©sumĂ©, il ne s’agit pas de rĂ©cupĂ©rer quelque chose qui nous aurait Ă©tĂ© dĂ©robĂ©e mais d’accepter la valeur libĂ©ratrice d’une perte, celle de l’objet a, vĂ©ritable enjeu aussi de la fin de la cure analytique.

C’est la raison pour laquelle il nous semble fondamental de consacrer une MathinĂ©e aux racines logiques de l’aliĂ©nation telles que Lacan les dĂ©veloppe dans son enseignement.


 

Les Mathinées Lacaniennes de juin ont eu lieu à Marseille. Les videos de cette mathinée sont sur le site de l'Ecole Ali-Provence.

 


Lors de son exposé sur l'aphasie de Wernicke, le Dr Ovidiu Corabianu a évoqué le comique français Pierre Repp, dont le style nous aide à comprendre pourquoi Lacan nous dit dans le séminaire sur les psychoses que ça fait rire. Certes, cette aphasie est un phénomÚne douloureux pour celui qui la subit, se traduisant souvent par une dépression allant jusqu'au suicide. La video de Pierre Repp, nous permet néanmoins de percevoir l'enjeu des troubles de langage que Lacan développe dans le séminaire à l'étude.

Cliquer ici pour "La recette de crepes"

Clique ici pour "Les fables de Lafontaine"

L'humour décapant des Deschiens joue par contre sur le malentendu. Cliquer ici pour Les autoroutes de l'information


 

Extrait de la cinquiĂšme rencontre avec Marc Darmon et Charles Melman

M. Darmon – Oui, vous avez soulevĂ© diffĂ©rentes questions. La premiĂšre c’est, ce qu’il en est du RĂ©el, par rapport au nombre Pi. C’est-Ă -dire nous avons affaire, on va partir de la cure, Ă  une suite en apparence alĂ©atoire dont on va plus ou moins trouver la loi. C’est un peu ce qui se passe dans le jeu de pair ou impair. Donc une loi d’alternance qui va ĂȘtre peut-ĂȘtre spĂ©cifique Ă  chacun, qui va renvoyer aux lois du langage
 Mais, Freud a parlĂ© de l’ombilic du rĂȘve ou du refoulĂ© primordial, donc, il semble bien y avoir quelque chose qui Ă©chappe au programme, si on reprend cette mĂ©taphore d’informatique. Donc quelque chose qui rĂ©siste Ă  ĂȘtre rĂ©duit Ă  une loi.
Ch. Melman – Si c’est l’ombilic, pardonnez-moi, c’est le gĂ©nĂ©rateur
, donc, et en plus avec cette ambiguĂŻtĂ©, pardonnez-moi cette association trĂšs libre, mais enfin, en l’occurrence avec cette image de l’ombilic c’est mĂȘme le gĂ©nĂ©rateur maternel, n’est-ce pas ? Donc

M. Darmon – Oui. Mais on retrouve certaines formulations de Lacan sur le RĂ©el comme sans loi. C’est ce qui Ă©chappe

Ch. Melman – Ah oui
 donc c’est la tuchĂ©.
M. Darmon – La tuchĂ© oui. Alors on a Ă©voquĂ© le traumatisme ou le troumatisme, c’est effectivement ce qui Ă©chappe Ă  la loi de l’Inconscient.
Ch. Melman – À l’automatisme de rĂ©pĂ©tition.
M. Darmon – À l’automatisme de rĂ©pĂ©tition, qui induit un autre automatisme.
Ch. Melman – Ah, alors lĂ , vous nous engagez sur le terrain de la clinique du traumatisme. Mais justement je dirais que le problĂšme de la nĂ©vrose traumatique c’est que ce n’est pas un automatisme, c’est une stase.
M. Darmon – C’est une stase oui.
Ch. Melman – Ce n’est pas la mĂȘme chose.
M. Darmon – Oui, c’est-Ă -dire que ce n’est pas la mĂȘme rĂ©pĂ©tition.
Ch. Melman – Eh non ! Si ça induisait une autre rĂ©pĂ©tition, au fond, ben voilĂ , ça montrerait qu’on peut changer de chaĂźne si j’ose dire, on zappe. Bon. Mais, encore que la seconde, et ça ce serait et c’est un problĂšme, c’est qu’elle n’est pas sexuelle.
M. Darmon – Non.
Ch. Melman – Et ce qui est bien sĂ»r un problĂšme. Et justement le traumatisĂ©, le nĂ©vrosĂ© traumatique, il ne peut pas changer de chaĂźne, la premiĂšre ne fonctionne plus et la seconde ce n’est pas automatisme.
M. Darmon – Alors quand vous parlez de la thĂ©rapie, est-ce qu’on peut parler de thĂ©rapie ?...
Ch. Melman – Oui.
M. Darmon – 
 soit, le faire parler immĂ©diatement, [Ch. Melman – Absolument] soit, si c’est Ă  distance, revenir sur l’enfance. On peut comprendre soit faire parler immĂ©diatement, c’est pour enchaĂźner

Ch. Melman – L’en faire parler immĂ©diatement, pour justement, faire rentrer cet Ă©vĂ©nement dans...
M. Darmon – 
 dans une chaüne symbolique.
Ch. Melman – Dans une chaüne symbolique, oui.
M. Darmon – Et revenir à la chaüne de l’enfance

Ch. Melman – Revenir Ă  l’enfance, pour justement essayer de remettre en marche ce qui a Ă©tĂ© la chaĂźne qui a provoquĂ© l’automatisme de rĂ©pĂ©tition. Autrement dit essayer de faire revenir les souvenirs, les Ă©motions, les difficultĂ©s, les traumatismes de l’enfance, etc. Autrement dit pour essayer de la ressusciter en quelque sorte.

 

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SĂ©minaire d’étĂ© 2016

Etude du premier et de l’avant-dernier sĂ©minaire de Lacan

Les Ă©crits techniques de Freud (1953 – 1954) Le moment de conclure (1977 – 1978)

Lacan nous rappelle dans ce premier sĂ©minaire que les concepts ne sont pas fixes et Ă©ternels dans le monde des idĂ©es, ils sont vivants. Ce que la formule : « le concept, c’est le temps » nous indique. Le temps, c’est le temps pour comprendre, c’est le temps d’une analyse dont « le transfert est le concept mĂȘme ». Combien faut-il de scansions, d’ébauches de mouvement vers la sortie, pour que l’obsĂ©dĂ© puisse rĂ©aliser le concept de ses obsessions, c’est-Ă -dire ce qu’elles signifient au moment de conclure, de sortir de la prison du maĂźtre ? C’est la question que pose Lacan Ă  la fin de son sĂ©minaire.

« La fin de l’analyse, c’est quand on a deux fois tournĂ© en rond, c’est-Ă -dire retrouvĂ© ce dont on est prisonnier. » Cette phrase du Moment de conclure semble rĂ©pondre Ă  la fin du premier sĂ©minaire. Il y a ainsi de nombreux ponts entre les deux sĂ©minaires Ă  travers les annĂ©es. A la fois tout est changĂ© : le style, les concepts comme l’intersubjectivitĂ©, la rĂ©alisation de l’ĂȘtre
 Et au-delĂ  de ces profonds changements, il y a des points fixes et non des moindres : le rĂ©el, le symbolique et l’imaginaire. Distinction essentielle dĂšs le premier sĂ©minaire oĂč le nƓud borromĂ©en est plus qu’ébauchĂ© : « C’est dans cette dimension de l’ĂȘtre, dit Lacan, que se situe la tripartition, sur laquelle j’insiste toujours avec vous pour vous faire comprendre les catĂ©gories Ă©lĂ©mentaires sans lesquelles nous ne pouvons rien distinguer dans notre expĂ©rience : la tripartition du symbolique, de l’imaginaire du rĂ©el. Ce n’est pas pour rien, sans doute, qu’elles sont trois. Il doit y avoir lĂ  une espĂšce de loi minimale, qu’ici la gĂ©omĂ©trie ne fait qu’incarner : Ă  savoir en effet que si, dans le plan du rĂ©el, vous dĂ©tachez quelque volet qui s’introduit, dans une troisiĂšme dimension, vous ne pourrez jamais faire de solide, si on peut dire, qu’avec deux autres volets au minimum. »

Lacan met Ă  l’épreuve cette distinction fondamentale en s’attaquant au vif de l’expĂ©rience psychanalytique sous la forme de la technique Ă  partir des Ă©crits de Freud. C’est en reprenant l’interprĂ©tation de nombreux cas cliniques : de MĂ©lanie Klein, de Rosine Lefort, de Michael et Alice Balint qu’il en dĂ©montre la pertinence.

Si dans le premier sĂ©minaire, Lacan s’efforçait de distinguer et de souligner la suprĂ©matie du symbolique, dans les derniers sĂ©minaires c’est le rĂ©el qui importe, le nƓud borromĂ©en qui le constitue et qu’il constitue, Ă©tablissant une Ă©quivalence que Lacan ne fait que retrouver en somme. Dans Le Moment de conclure Ă  travers la structure torique des consistances, c’est la coupure et la chirurgie qui sont de retour, retrouvant une intuition de Freud qui comparait l’analyste justement au chirurgien.


Pour suivre les développements topologiques du séminaire L'insu que sait de l'une-bévue s'aile à mourre, on se reportera avec profit au dossier disponible sur le site de l'ALI

 


 

Séminaire d'été 2015

Le titre Ă©quivoque du sĂ©minaire demande Ă  ĂȘtre interprĂ©tĂ©. Ecrite en lalangue ou plutĂŽt en l’élangues, cette phrase, Ă  la grammaire Ă©nigmatique, se lit en français et s’entend, en partie, en allemand : une-bĂ©vue/ Unbewusst. Lacan utilise un procĂ©dĂ© rencontrĂ© chez Joyce, l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente du sĂ©minaire. La traduction de Unbewusst par « l’une-bĂ©vue » est en soi un mot d’esprit, c’est-Ă -dire une formation de l’inconscient comme l’acte manquĂ©, le lapsus, le rĂȘve, le symptĂŽme. Qu’est-ce qu’un acte manquĂ© ou un lapsus sinon une bĂ©vue ? Cette traduction rend presque vraie la phrase citĂ©e par Dante, lorsqu’il Ă©voque Ă  propos du mot « amour » le juste accord entre le mot et la chose : nomina sunt consequentia rerum. « L’une-bĂ©vue » n’a pas le dĂ©faut d’ĂȘtre un terme nĂ©gatif comme « l’inconscient », et il ne risque pas, comme lui, d’ĂȘtre confondu avec l’inconscience. Lacan annonce dĂšs le dĂ©but du sĂ©minaire qu’avec cet « insu que sait de l’une-bĂ©vue », il essaie « d’introduire quelque chose qui va plus loin que l’inconscient ».

Le titre du sĂ©minaire est donc programmatique, ainsi sa premiĂšre partie : « l’insu que sait » est une autre façon de traduire l’ Unbewusst, il Ă©quivoque avec « l’insuccĂšs », c’est-Ă -dire le ratage, l’acte manquĂ© qui est, en fait, un acte rĂ©ussi du point de vue de l’inconscient. Mais « l’insu que sait » indique que le parlĂȘtre sait plus qu’il ne croit savoir, et ce savoir, un bout d’une-bĂ©vue, est fait de la matiĂšre mĂȘme du signifiant. « L’insu que sait » est l’inconscient dans sa littĂ©ralitĂ© mĂȘme : insu que sait, INsuCSait, I N C S. RĂ©pondant Ă  cet autre nom de l’inconscient, une partie importante du sĂ©minaire est consacrĂ©e aux exposĂ©s d’Alain Didier-Weill sur la pulsion invoquante et sur la passe, oĂč celui-ci dĂ©veloppe, Ă  partir d’une variante de l’histoire de La lettre volĂ©e, les Ă©tapes, dans une analyse, du dĂ©voilement du savoir : il ne sait pas que je sais, il sait que je sais, je sais qu’il sait, je sais qu’il sait que je sais qu’il sait. Le personnage de Bozef, introduit par Alain Didier-Weill, incarne pour Lacan « le savoir absolu », Ă  la fois Booz et Joseph, celui qui rĂȘve et celui qui interprĂšte le rĂȘve.

Le troisiĂšme nom de l’inconscient : « s’aile Ă  mourre » Ă©quivoque avec « c’est l’amour » ou « celle amour ». Le titre entier peut s’entendre comme : « l’insuccĂšs de l’ Unbewusst, c’est l’amour ». Or, qu’est-ce que l’amour sinon un certain rapport de deux savoirs inconscients, venant Ă  la place du rapport sexuel absent ? Un succĂšs rare si les deux savoirs inconscients sont connexes et irrĂ©mĂ©diablement distincts, mais s’ils se recouvrent, cet amour n’en est pas moins un ratage.

« S’aile Ă  mourre », quelle est la raison de ce curieux assemblage ?

« L’amour jeu des nombrils ou jeux de la grande oie
La mourre jeu du nombre illusoire des doigts »

Dans le jeu de la mourre, inventĂ© selon la lĂ©gende par HĂ©lĂšne pour PĂąris, il faut deviner la somme des doigts cachĂ©s de l’un et de l’autre, savoir insu de l’un et de l’autre : l’amour apparaĂźt ainsi sous la forme de deux mi-dires qui ne se recouvrent pas. Une des variantes du jeu de la mourre : pierre, ciseaux, papier, a la structure borromĂ©enne, puisque le troisiĂšme surmonte le premier. Une autre : pair ou impair se retrouve dans La lettre volĂ©e, il est Ă  l’origine du texte ParenthĂšse des parenthĂšses. Il s’agit de la structure rĂ©elle du savoir inconscient.

« Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailĂ© par instants. »

Le savoir inconscient se donne-t-il des ailes pour que la lettre prenne son envol ? À moins que ce ne soit l’amour.

Cette troisiĂšme partie du titre inaugure une rĂ©flexion sur la poĂ©sie, sur l’amour et sur le rĂ©el.

La poĂ©sie « amoureuse » de Dante est convoquĂ©e pour soutenir l’affirmation selon laquelle l’amour n’a pas de sens, Il ne serait que signification, mot vide. Par ailleurs, Lacan affirme « [qu’] il n’y a que la poĂ©sie qui permette l’interprĂ©tation et c’est en cela que je n’arrive plus, dans ma technique, Ă  ce qu’elle tienne : je ne suis pas assez pouĂąte, je ne suis pas pouĂąte-assez ! » Et le sĂ©minaire se termine par l’évocation « [d’] un signifiant nouveau, celui qui n’aurait aucune espĂšce de sens, ça serait peut-ĂȘtre ça qui nous ouvrirait Ă  ce que [
] j’appelle le rĂ©el. »

Est-ce cela le « quelque chose qui va plus loin que l’inconscient ? ». Lacan poursuit, ici, une idĂ©e exprimĂ©e dans Les non dupes errent selon laquelle, pour la premiĂšre fois dans l’histoire, il nous serait possible de refuser d’aimer notre inconscient, donc d’errer, certes, mais dans cette erre, l’inconscient pourrait nous mener au-delĂ  du fantasme, « au pur rĂ©el ».

Tout au long du sĂ©minaire, Lacan prend appui sur la topologie. Le fait surprenant est, aprĂšs plusieurs sĂ©minaires consacrĂ©s au nƓud borromĂ©en, le recours Ă  la topologie des surfaces, plus prĂ©cisĂ©ment Ă  celle du tore. Quelle est la raison de ce tore ? Ce n’est certes pas parce que le tore a une Ăąme, mais parce qu’il est la consistance mĂȘme des anneaux du nƓud borromĂ©en, et aussi parce que le tore peut se retourner. Les trois identifications freudiennes sont rapportĂ©es aux trois modes de retournement du tore. Une analyse aurait pour effet de retourner le tore du symbolique en englobant les deux autres, et nĂ©cessiterait, de ce fait, une deuxiĂšme tranche afin de retrouver le nƓud borromĂ©en. Les deux tores enchaĂźnĂ©s et trouĂ©s permettent Ă  Lacan de parler de l’amour comme pure signification Ă  propos de la poĂ©sie « amoureuse » de Dante.

L’invention dont Lacan fait preuve, les consĂ©quences cliniques du recours Ă  la topologie des surfaces et de la coupure combinĂ©e Ă  celle des nƓuds, les contributions d’Alain Didier-Weill sur la passe et sur la pulsion invoquante, le rĂŽle fondamental de la poĂ©sie dans l’interprĂ©tation, le projet d’aller plus loin que l’inconscient, la perspective d’un signifiant nouveau, font de l’étude de ce sĂ©minaire une tĂąche passionnante et prometteuse.

Mercredi 26, jeudi 27, vendredi 28, samedi 29 août 2015 à Paris
Responsables : Marie-Christine Laznik, Pierre Coerchon, Tathyana Pitavy, Jean Brini, Marc Darmon

 

 

 

 

 


Séminaire d'été 2014

 

À la derniĂšre leçon de R.S.I., le 13 mai 1975, Lacan annonce le titre de son prochain sĂ©minaire : 4, 5, 6. Il s'agissait sans doute pour lui de poursuivre l'exploration nodale des nominations, chacun des trois ronds du nƓud borromĂ©en faisant faux-trou avec la nomination correspondante. Si Lacan s’arrĂȘte Ă  six, c’est parce que la voie explorĂ©e ne va pas au-delĂ . Il indique nĂ©anmoins qu'il accordera une attention particuliĂšre au nƓud Ă  quatre.

Un mois plus tard, lors de sa confĂ©rence, Joyce le SymptĂŽme, il annonce que c’est Joyce qui sera Ă  l’affiche du sĂ©minaire Ă  venir. L’intĂ©rĂȘt de Lacan pour l’écrivain irlandais est de longue date – on apprend, Ă  cette occasion, qu’à l’ñge de dix-sept ans, il frĂ©quentait dĂ©jĂ  la librairie d’Adrienne Monnier, qu’il y rencontra Joyce, et qu’à vingt ans, il assista Ă  la premiĂšre lecture de la traduction d’Ulysse.

Si, dans le SĂ©minaire sur La lettre volĂ©e, Lacan Ă©voque l’homophonie joycienne Letter/litter, c’est dans Encore que son intĂ©rĂȘt pour l’Ɠuvre de Joyce s’affirme :

« Lisez Finnegans Wake, c’est un long texte Ă©crit dont le sens provient de ceci, [...] c’est du fait que les signifiants s'emboĂźtent, se composent, [...] se tĂ©lescopent, [...] que se produit quelque chose qui, comme signifiĂ©, peut paraĂźtre Ă©nigmatique, mais qui est bien ce qu'il y a de plus proche de ce que nous autres analystes – grĂące au discours analytique, nous savons le lire – qui est ce qu’il y a de plus proche du lapsus. »

« Ce qu'il y a de plus proche du lapsus »... Lacan ne dit pas que les mots emboĂźtĂ©s de Joyce sont des formations de l'inconscient. Mais pour autant, pouvons- nous Ă©voquer la dimension du mot d’esprit, certes, cultivĂ©, infiniment savant, jouant sur plusieurs langues, mais du mot d’esprit au sens de Freud ? Par exemple, le mot sinse, créé par Joyce, est construit grĂące Ă  la condensation de plusieurs mots : since (depuis), sense (sens) et sin (pĂ©chĂ©). Il suggĂšre un lien entre les trois : la faute originaire qui donnerait sens Ă  l’Histoire ? Peut-ĂȘtre ? Mais le mot sinse ne garde- t-il pas nĂ©anmoins son parfum d’énigme ? Est-il comparable au familionnaire de Heine ou aux carthaginoiseries flaubertiennes ?

Avec l’invention du cĂ©lĂšbre Dumbillsilly, Joyce parvient Ă  construire en anglais un mot qui se prononce et qui signifie comme en français, enfin Ă  peu de choses prĂšs. Pourtant, nous restons face Ă  une Ă©nigme, muets comme l’imbĂ©cile dont il est question. Nous sommes ici au plus prĂšs de ce que Freud dĂ©signe par « mot d’esprit par non-sens ».

Dans le mot d’esprit, une pensĂ©e prĂ©consciente est pour un temps traitĂ©e par l’inconscient, et le rĂ©sultat est aussitĂŽt rĂ©cupĂ©rĂ© et Ă©noncĂ© pour un tiers dont le plaisir vient confirmer le bon mot. Encore faut-il que ce tiers soit un peu concernĂ© au niveau de l’inconscient. Dans sa confĂ©rence, Lacan remarque que, chez Joyce, il n’en est rien : en le lisant, notre inconscient n’est point « accrochĂ© ». Par contre, ce que nous percevons Ă  la lecture, c’est la jouissance de l’écrivain.

Si l’écriture de Finnegans Wake traite volontiers les signifiants selon la condensation, qui est un des mĂ©canismes du travail du rĂȘve, et si l’art de Joyce produit ce qu’il y a de plus proche du lapsus, pourquoi Lacan singularise-t-il l’écrivain comme « dĂ©sabonnĂ© Ă  l’inconscient » ?

Dans Le Sinthome, Lacan propose une rĂ©ponse : l’écriture de Joyce, son Ɠuvre serait son SymptĂŽme, celui qui le nommerait, celui qui supplĂ©erait la carence paternelle – le symptĂŽme qui «abolirait» le symbole. Joyce est dĂ©sabonnĂ© de l’inconscient dans la mesure oĂč il n’en paie pas le prix : castration et refoulement, avant d’en jouir modĂ©rĂ©ment. Si le symptĂŽme peut ĂȘtre rĂ©duit par une interprĂ©tation jouant sur l’équivoque, ce n’est pas le cas chez Joyce. Rien ne rattache Ă  lalangue le symptĂŽme joycien ; tout au contraire, le gĂ©nie de Joyce s’emploie Ă  le porter « Ă  la puissance du langage ». D’oĂč la nĂ©cessitĂ© de le nommer autrement : Sinthome.

Si le Sinthome de Joyce montre, Ă  son insu mais de façon exemplaire, la structure du nƓud borromĂ©en, il ne se confond pas pour autant avec la quatriĂšme consistance, celle du Nom-du-PĂšre. Si tel avait Ă©tĂ© le cas, cette consistance aurait fait faux-trou avec le Symbolique, et aurait Ă©tĂ© plus que compatible avec le symptĂŽme nĂ©vrotique, rĂ©ductible par l’équivoque. Le Sinthome de Joyce – et Lacan s’efforce d’en Ă©crire le nƓud tout au long du sĂ©minaire – est, au contraire, la rĂ©paration d’un nƓud non borromĂ©en, puisque l’enlacement de l’Inconscient et du RĂ©el dĂ©noue le corps. Ce nouage singulier du RĂ©el et de l’Inconscient rend compte de la prodigieuse facultĂ© de Joyce Ă  manier la lettre, au prix de la fuite du sens. L’ego viendrait alors rĂ©parer le nƓud de Joyce au point mĂȘme oĂč se serait produite la faute due Ă  la carence paternelle. Lacan suggĂšre que, chez Joyce, l’ego tient sa consistance de l’écriture : Le symptĂŽme cesse, (virgule) de s’écrire (du fait que le Sinthome s’écrive). Ainsi Joyce supplĂ©e-t-il, par l’écriture, le dĂ©faut du pĂšre qui lui donnait « la queue un peu lĂąche ».

StĂ©criture est-elle celle de lalangue ? PlutĂŽt celle de l’élangues.

Le Lacan du Sinthome est « mathĂ©maticien et poĂšte ». Ce sĂ©minaire n’a pas la prĂ©tention de faire la psychanalyse que Joyce a toujours refusĂ©e. Lacan rĂ©pugne Ă  traiter ainsi l’Ɠuvre et la biographie de l’artiste. Il tente plutĂŽt de se laisser enseigner par lui, par son Sinthome qui donne accĂšs au nƓud et au travail de la lettre. Et s’applique ainsi Ă  poursticher Joyce, Ă  commencer par l’écriture de Joyce le SymptĂŽme et poursuivant par le « parler joycien », dans Le Sinthome.

Flavia Goian et Marc Darmon

 


Le séminaire Le Sinthome est un moment-clé et étonnant de nouveauté dans l'enseignement de Lacan.
En questionnant la singularitĂ© de Joyce et de son Ă©criture, Lacan rĂ©vise les fondements de la clinique en prenant appui sur le nƓud borromĂ©en. La pensĂ©e du nƓud, le nƓud comme appui, nĂ©cessite l'appensĂ©e.
Lacan suit Joyce dans son hĂ©rĂ©sie et inscrit le sĂ©minaire en rupture par rapport Ă  la norme – la norme mĂąle en tant qu'elle prend appui sur la jouissance phallique et le Nom-du-PĂšre – en lui substituant, Ă  cette norme, une recherche sur les nƓuds. Ce travail sur Joyce, « dĂ©sabonnĂ© Ă  l'inconscient » ainsi qualifiĂ© par Lacan, pourrait ĂȘtre Ă©clairant sur des phĂ©nomĂšnes contemporains relevant de la « nouvelle Ă©conomie psychique ».
Cette année, c'est le questionnement à la lettre du séminaire qui guidera nos travaux. Les leçons seront introduites chaque fois par l'un des responsables du Séminaire d'été avec le souci d'aborder et de questionner les points de butée. Les intervenants annoncés seront sollicités en accord avec le déroulement chronologique des leçons.

 


 

Séminaire d'été 2013

La maison du parlĂȘtre a trois dit-mansions : le RĂ©el, le Symbolique, l’Imaginaire. Est-ce pure coĂŻncidence si son espace sensible, son espace de la reprĂ©sentation ait aussi trois dimensions ? Nous pouvons dire tout au moins que sans RSI, le parlĂȘtre n’en aurait pas la moindre idĂ©e, alors qu’il lui est possible de concevoir des espaces de dimensions bien supĂ©rieures Ă  trois, des espaces qui lui sont strictement inimaginables. Mais dĂ©jĂ , l’espace Ă  trois dimensions lui est-il vraiment imaginable ? Nous pouvons en douter, parce que dans la reprĂ©sentation, la surface Ă  deux dimensions s’impose, image du corps oblige. D’oĂč notre grande difficultĂ© pratique dans le simple maniement des nƓuds borromĂ©ens ou autres.

Si notre maison a trois dimensions, encore faut-il que les supposĂ©es consistances qui les constituent tiennent ensemble tout en Ă©tant radicalement distinctes. A dĂ©faut, dissociation ou homogĂ©nĂ©isation, c’est l’errance sans domicile ou l’état de siĂšge.

Pour que les consistances soient radicalement distinctes, il faut que RĂ©el, Symbolique et Imaginaire soient absolument diffĂ©rents quant au sens. Aucun des trois ne dĂ©tient le sens dernier des deux autres. Autrement dit, il n’y en a pas un plus grand que les autres. Si tel avait Ă©tĂ© le cas, pour penser comme Saint Anselme, ce « plus grand » aurait prouvĂ© l’existence de Dieu et son unicitĂ©. Le nƓud borromĂ©en dans sa simplicitĂ©, impose d’emblĂ©e le triple : trois Noms-du-PĂšre. VĂ©ritĂ© de la TrinitĂ© que la religion rĂ©vĂ©la, mais au travers d’une disposition perverse du dit nƓud.

Les dévots du Un retrouvent ce « plus grand » unique dans le quatriÚme qui, comme un-en-plus, noue les trois autres autrement déchaßnés.

Dans notre SĂ©minaire d’étĂ©, l’écriture du nƓud, Ă©criture premiĂšre, sera Ă©prouvĂ©e dans ses consĂ©quences essentielles : le sens, tel que nous l’avons Ă©voquĂ©, le choix Ă©thique entre le nƓud Ă  trois ou Ă  quatre, la conduite de la cure et la question de sa fin qui dĂ©coulent de ce choix, la diversitĂ© des structures psychiques que le nƓud permet, la diffĂ©rence sexuelle et la question du non-rapport sexuel qu’il rĂ©interroge, le nouveau lien social y compris entre analystes qu’il autoriserait.

Charles Melman demande qu’un temps du SĂ©minaire d’étĂ© soit consacrĂ© Ă  la question de la transmission de la psychanalyse. Si devant sa dĂ©ception au sujet de la passe, Lacan a pu dire que la psychanalyse Ă©tait « intransmissible », qu’il fallait que « chaque analyste rĂ©invente la façon dont la psychanalyse peut durer », c’est un fait qu’il a lui-mĂȘme transmis ce qui lui venait de Freud et que nous devons Ă  Melman de poursuivre cette tĂąche. Dernier legs de Lacan, le nƓud borromĂ©en se doit d’ĂȘtre interrogĂ© dans ce sens capital.

Marc Darmon

 


 

L'objet a n'est pas la métaphore du sujet de la jouissance parce qu'il n'est pas assimilable au signifiant.

L'objet a résiste à l'assimilation à la fonction du signifiant.

Il symbolise ce qui résiste à cette assimilation, ce qui est perdu. Ce qui se perd à significantisation du sujet désirant

Notes du séminaire sur L'angoisse, Jacques Lacan

 


 

RSI 11/02/75

" ...dans Freud, il y a Ă©lision de ma rĂ©duction Ă  l‘Imaginaire, au

Symbolique et au Réel, comme noués tous les trois entre eux... ce

que Freud instaure avec son Nom-du-PÚre, identique à la réalité psychique,

Ă  ce qu’il appelle la rĂ©alitĂ© psychique, nommĂ©ment Ă  la rĂ©alitĂ©

religieuse, car c’est exactement la mĂȘme chose, que c’est ainsi par cette

fonction, par cette fonction de rĂȘve que Freud instaure le lien du

Symbolique, de l’Imaginaire et du RĂ©el. "

 

"Je poserai, si je puis dire, cette année la question de savoir si, quant à

ce dont il s’agit, à savoir le nouement de l’Imaginaire, du Symbolique et

du RĂ©el, il faille cette fonction supplĂ©mentaire en somme d’un tore de

plus, celui dont la consistance serait à référer à la fonction dite du PÚre.

C’est bien parce que ces choses m’intĂ©ressaient depuis longtemps,

quoique je n’avais pas encore Ă  cette Ă©poque trouvĂ© cette façon de les

figurer, que j’ai commencĂ© Les Noms-du-pĂšre. Il y a en effet plusieurs

façons d’illustrer la maniùre dont Freud, comme c’est patent dans son

texte, ne fait tenir la conjonction du Symbolique, de l’Imaginaire et du

RĂ©el que par les Noms-du-pĂšre. Est-ce-indispensable? Ce n’est pas

parce que ça serait indispensable et que je dis là-contre que ça pourrait

ĂȘ tre controuvĂ© que ça l’est, en fait, toujours !

Il est certain que quand j’ai commencĂ© Ă  faire le sĂ©minaire Les Noms du-

PĂšre, et que j’ai, comme certains le savent, au moins ceux qui Ă©taient

lĂ , que j’y ai mis un terme, j’avais sĂ»rement — c’est pas pour rien que

j’avais appelĂ© ça Les Noms-du-PĂšre et pas Le Nom-du-PĂšre !- j’avais un

certain nombre d’idĂ©es de la supplĂ©ance que prend le domaine, le discours

analytique, du fait de cette avancée par Freud des Noms-du-PÚre,

ce n’est pas parce que cette supplĂ©ance n’est pas indispensable qu’elle n’a

pas lieu. Notre Imaginaire, notre Symbolique et notre RĂ©el sont peut-ĂȘtre

pour chacun de nous encore dans un état de suffisante dissociation

pour que seul le Nom-du-PĂšre fasse nƓud borromĂ©en et tenir tout ça

ensemble, fasse nƓud du Symbolique, de l’Imaginaire et du RĂ©el. Mais

ne vous imaginez pas que - ce serait bien pas dans mon ton habituel - je

sois en train de prophĂ©tiser que du Nom-du-PĂšre dans l’analyse et aussi

bien que du Nom-du-Pùre ailleurs, nous puissions d’aucune façon nous

passer pour que notre Symbolique, notre Imaginaire et notre Réel -

comme c’est votre sort Ă  tous - ne s’en aillent trĂšs bien chacun de son cĂŽtĂ©.

Il est certain que, sans qu’on puisse dire que ceci constitue un progrùs,

car on ne voit pas en quoi un nƓud, de plus sur le dos, sur le col et

ailleurs, on ne voit pas en quoi un nƓud, un nƓud rĂ©duit Ă  son plus

strict constituerait un progrĂšs, de ce seul fait que ce soit un minimum. Ca

constitue sĂ»rement un progrĂšs dans l’Imaginaire, c’est-Ă -dire un progrĂšs

dans la consistance. Il est bien certain que dans l’état actuel des choses,

vous ĂȘtes tous et tout un chacun aussi inconsistants que vos pĂšres, mais

c’est justement du fait d’en ĂȘtre entiĂšrement suspendus Ă  eux que vous

ĂȘ tes dans l’état prĂ©sent."

 

"je réduis le Nom-du-PÚre à sa fonction radicale qui est de donner un

nom aux choses, avec toutes les conséquences que ça comporte, parce

que ça ne manque pas d’avoir des consĂ©quences !"

" Je n’insiste pas et je poursuis ce qu’il en est du Nom-du-Pùre, pour le

ramener Ă  son prototype et dire que Dieu, Dieu dans l’élaboration que

nous donnons à ce Symbolique, à cet Imaginaire et à ce Réel, Dieu est la

femme rendue toute. Je vous l’ai dit : elle n’est pas-toute. Au cas oĂč elle

ek-sisterait d’un discours qui ne serait pas de semblant, nous aurions cet

∃ x que je vous ai noté autrefois, ∃ x tel que nonΊx, le Dieu de la castration.

C’est un vƓu qui vient de l’Homme, avec un grand h, un vƓu qu’il existe

des femmes qui ordonneraient la castration."

 

" (...) l’idĂ©e de supplĂ©er Ă  la femme irrĂ©elle, ce n’est pas pour rien.(...) que les imbĂ©ciles de l’amour fou (...) Leur idĂ©e donc de supplĂ©er Ă  la femme qui n’ek-siste pas comme La, Ă  la femme, dont j’ai dit enfin que c’était bien lĂ  le type mĂȘme de l’errance, les remettait dans le biais, dans l’orniĂšre du Nom-du-PĂšre, du PĂšre en tant que nommant, dont j’ai dit

que c’était un truc Ă©mergĂ© de la Bible, mais dont j’ajoute que c’est pour l’homme une façon de tirer son Ă©pingle phallique du jeu."

 

"C’est que ce Dieu tribal, qu’il soit celui-là ou bien un autre,

n’est que le complĂ©ment bien inutile, c’est ça qu’il exprime, de la conju-

gaison de ce noeud quatre au Symbolique (Figure. VII - 3). C’est le complĂ©ment

bien inutile du fait que c’est le signifiant un et sans trou, sans

trou dont il soit permis de se servir dans le noeud borroméen..."

 

"Roi, un nom de plus, un nom de plus dans l’affaire et dont chacun sait

que ça rejaillit toujours de l’affaire du Nom-du-Pùre. Mais, c’est un nom

à perdre comme les autres, à laisser tomber dans sa perpétuité . Les

Noms-du-pùre hein ! Les Ânons du Pùre, quel troupeau (...)"

 

18/03/75

"s’il y a un Autre rĂ©el, il n’est pas ailleurs que dans le nƓud mĂȘme et c’est

en cela qu’il n'y a pas d’Autre de l’Autre. Cet Autre rĂ©el, faites-vous

identifier Ă  son Imaginaire, vous avez alors l’Identification de l’hystĂ©rique

au dĂ©sir de l’Autre, celle qui se passe ici en ce point central.

Identifiez-vous au Symbolique de l’Autre RĂ©el, vous avez alors cette

identification que j’ai spĂ©cifiĂ©e de l’ einziger Zug , du trait unaire.

Identifiez-vous au RĂ©el de l’Autre rĂ©el, vous obtenez ce que j’ai indiquĂ©

du Nom-du-PĂšre, et c’est lĂ  que Freud dĂ©signe ce que l’identification a

à faire avec l’amour. Je parlerai la prochaine fois des trois formes de Noms-du-Pùre,

celles qui nomment comme tels, l’Imaginaire, le Symbolique et le RĂ©el, car

c’est dans ces noms eux-mĂȘmes que tient le nƓud. "

 


15/04/75

"Nous ne considĂ©rons pas le fait de l’interdit de l’inceste

comme historique. Il est bien entendu historique, mais il faut tellement

le chercher dans l’histoire que, comme vous voyez, j’ai fini par trouver

ç a chez les Hindous, et on peut dire que là on en tient un bout hein !

C’est pas historique, c’est structural. C’est structural, pourquoi ? Parce

qu'il y a le Symbolique. Ce qu’il faut arriver à bien concevoir c’est le

trou du Symbolique en quoi consiste cet interdit. Il faut du Symbolique

pour qu’apparaisse individualisĂ© dans le nƓud ce quelque chose que,

moi, je n’appelle pas tellement le complexe d’ƒdipe, c’est pas si complexe

que ça. J’appelle ça le Nom-du-Pùre. Ce qui ne veut rien dire que

le PÚre comme Nom, ce qui ne veut rien dire au départ, non seulement

le pùre comme nom, mais le pùre comme nommant. Ça, on ne peut pas

dire que lĂ -dessus les Juifs soient pas gentils hein ! ils nous ont bien

expliquĂ© que c’était le PĂšre, le PĂšre qu’ils appellent, le PĂšre qu’ils foutent

en un point de trou qu’on ne peut mĂȘme pas imaginer, n’est-ce pas, je suis

ce que je suis, ça c’est un trou, non ! Ben ! c’est de là, que par un mouvement

inverse car un trou ça, si vous en croyez mes petits schÚmes, un

trou ça tourbillonne, ça engloutit plutĂŽt hein, puis il y a des moments oĂč

ç a recrache. Ça recrache quoi? Le Nom. C’est le Pùre comme Nom."

 


 

http://www.profil-couleur.com/lc/003-couleur-newton.php

Notre civilisation est dĂ©sormais complĂštement influencĂ©e par cette prĂ©dominance des teintes Ă  tel point que le mot "couleur" devient synonyme de teinte dans notre culture. Mais Newton va plus loin et il est le tout premier Ă  proposer un classement des couleurs sous la forme d'un cercle. Cette nouvelle thĂ©orie eut un impact si fort, qu'on crut Ă  l'Ă©poque qu'il fallait aussi l'appliquer pour les mĂ©langes de teintes. Il rĂ©gna donc une grande confusion dans l'artisanat des teintures et dans le monde de la peinture jusqu'au milieu du 19e siĂšcle, oĂč enfin les travaux de Maxwell puis de Helmholtz permirent de bien faire la distinction entre les primaires additives du monde de la lumiĂšre et des primaires soustractives du monde des mĂ©langes de teintes.

Selon le principe de la recomposition de la lumiÚre développé par Newton, le mélange de l'ensemble des couleurs spectrales donne la couleur blanche.

Ce n'est que beaucoup plus tard aprÚs les découvertes de Newton, en 1807 exactement, que Thomas Young s'aperçoit qu'il n'est pas nécessaire de réutiliser tous les rayons du spectre pour reconstituer de la lumiÚre blanche, mais que trois d'entre eux suffisent. Il découvre les couleurs primaires RVB (rouge, vert, bleu). On connaissait depuis trÚs longtemps les couleurs primaires nécessaires au mélange des colorants qui sont le cyan, le magenta et le jaune mais personne n'avait imaginer que pour les rayons lumineux, il existait des couleurs primaires différentes.

Trois couleurs spectrales sont suffisantes pour reconstituer la couleur blanche. Les plus souvent employées sont le RVB (rouge, vert, bleu) par imitation de la perception visuelle.

Young fit la dĂ©couverte des couleurs primaires en s'intĂ©ressant aux rĂ©cepteurs sensoriels de l'Ɠil. Il proposa comme hypothĂšse que la vision humaine utilise trois capteurs rouge, vert et bleu (RVB) capables de rĂ©aliser la synthĂšse de toutes les autres couleurs. Ce n'est que plusieurs annĂ©es plus tard que cette hypothĂšse audacieuse sera confirmĂ©e par des expĂ©rimentations physiologiques sur l'Ɠil qui montreront l'existence de trois types de cĂŽnes sur la rĂ©tine sensible respectivement au rouge , au vert et au bleu. Young avait devinĂ© que les diffĂ©rentes longueurs d'onde prĂ©sentes dans la lumiĂšre avaient une action directe sur la sensibilitĂ© de ces cĂŽnes.


« Je me demandais ce qu’est un adulte, peut-ĂȘtre que l’adulte, c’est celui qui accepte ce fait de structure qui est que, au lieu de l’Autre, il n’y a pas de figure dont je puisse me rĂ©clamer au titre d’une filiation, ne serait-ce que parce que cet Autre est par dĂ©finition hĂ©tĂ©rogĂšne. HĂ©tĂ©rogĂšne !»

Charles Melman, Le complexe de MoĂŻse, mai 1998


 

"...dire que lĂ -dessus les Juifs soient pas gentils hein ! ils nous ont bien

expliquĂ© que c’était le PĂšre, le PĂšre qu’ils appellent, le PĂšre qu’ils foutent

en un point de trou qu’on ne peut mĂȘme pas imaginer, n’est-ce pas, je suis

ce que je suis, ça c’est un trou, non ! Ben ! c’est de là, que par un mouvement

inverse, car un trou ça, si vous en croyez mes petits schÚmes, un

trou ça tourbillonne, ça engloutit plutĂŽt hein, puis il y a des moments oĂč

ça recrache. Ça recrache quoi? Le Nom. C’est le Pùre comme Nom.

...

(en parlant des analystes)

Quand ils ne s’identifient pas à un groupe, ils

sont foutus, ils sont Ă  enfermer. Mais, je ne dis pas par lĂ  Ă  quel point du

groupe ils ont Ă  s’identifier. Le dĂ©part de tout noeud social se constitue,

dis-je, du non-rapport sexuel comme trou."

Jacques Lacan, RSI, 15 avril 75

 


"On estime que les femmes ont apportĂ© peu de contributions aux dĂ©couvertes et aux inventions de l'histoire de la culture mais peut-ĂȘtre ont-elles inventĂ© une technique, celle du tressage et du tissage."

Sigmund Freud, Nouvelles conférences, La féminité, page 177, Folio poche


 

"...cette remarque de Freud que dans l’inconscient ne fonctionne pas le principe de contradiction, remarque qui n’est que de premiĂšre approche, inadĂ©quate en un sens, si elle va jusqu’à impliquer qu’il n’y ait pas de signe de nĂ©gation dans l’inconscient, car nous savons tous, et Ă  lire les textes de Freud lui-mĂȘme, que la nĂ©gation a - je ne dis pas dans l’inconscient, ça ne voudrait rien dire, mais dans les formations de l’inconscient, - des reprĂ©sentants tout Ă  fait repĂ©rĂ©s et clairs.

La prĂ©tendue suspension du principe de non-contradiction au niveau de l’inconscient, c’est simplement cette fondamentale splitting du sujet".

J.Lacan, Lobjet de la psychanalyse, 23 mars 1966


"...l’origine de la notion de symptĂŽme, qui n’est pas du tout Ă  chercher dans Hippocrate, qui est a chercher dans Marx, qui le premier dans la liaison qu’il fait entre le capitalisme et quoi ? le bon vieux temps, ce qu’on appelle quand on veut enfin ! tĂącher de l’appeler autrement, le temps fĂ©odal. Lisez lĂ -dessus toute la littĂ©rature : le capitalisme est considĂ©rĂ© comme ayant certains effets, et pourquoi en effet, n’en aurait-il pas !

Ces effets sont somme toute, bĂ©nĂ©fiques, puisqu’il a l’avantage de rĂ©duire Ă  rien l’homme prolĂ©taire, grĂące Ă  quoi l’homme prolĂ©taire rĂ©alise l’essence de l’homme. Et d’ĂȘtre dĂ©pouillĂ© de tout est chargĂ© d’ĂȘtre le messie du futur. Telle est la façon dont Marx analyse la notion de symptĂŽme. Il donne bien sĂ»r des foules d’autres symptĂŽmes, mais la relation de ceci avec une foi en l’homme est tout a fait incontestable.

Si nous faisons de l’homme, non plus quoique ce soit qui vĂ©hicule un futur idĂ©al, mais si nous le dĂ©terminons de la particularitĂ© dans chaque cas, de son inconscient et de la façon dont il en jouit, le symptĂŽme reste Ă  la mĂȘme place oĂč l’a mis Marx, mais il prend un autre sens, il n’est pas un symptĂŽme social, il est un symptĂŽme particulier.

J.Lacan, séminaire RSI, leçon du 18 février 1975



Cela ne veut pas dire qu’il n’en existe pas. L’important, c’est qu’on ne peut pas dĂ©montrer qu’il est impossible qu’il en existe. VoilĂ  de l’indĂ©cidable.

De l’indĂ©cidable dont le lien avec la structure est la fonction logique des quantificateurs
 ce privilĂšge de la fonction de la quantification tient Ă  ce qu’il en est de l’essence du tout et de sa relation Ă  la prĂ©sence de l’objet a.

Il existe quelque chose qui fonctionne pour que tout sujet se croie tout, pour que le sujet se croie tout sujet, et par lĂ  mĂȘme sujet de tout, de ce fait mĂȘme en droit de parler de tout.

Or, ce que nous donne l’expĂ©rience analytique est ceci qu’il n’y a pas de sujet dont la totalitĂ© ne soit illusion, parce qu’elle ressortit Ă  l’objet a en tant qu’élidĂ©.

 

20 mars 68, L’acte psychanalytique


RSI, Leçon VII

« Celle qui vit son mari tout armé,

Sauf la braguette, aller en escarmouche,

Lui dit : « Ami ; de peur qu’on ne vous touche,

Armez cela qui est le plus aimé. »

Quoi ? Tel conseil doit-il ĂȘtre blĂąmĂ© ?

Je dis que non : car sa peur la plus grande

Etait de perdre, le voyant animé,

Le bon morceau dont elle était friande. »

Rabelais

 


RSI, fin leçon VII

Laurent, serrez ma haire avec ma discipline,‹

Et priez que toujours le Ciel vous illumine.‹

Si l'on vient pour me voir,

je vais aux prisonniers.

‹Des aumînes que j'ai partager les deniers.

MoliĂšre Le Tartuffe

 


"Que l'angoisse, chez Lacan, soit rĂ©fĂ©rĂ©e au dĂ©sir de l'Autre et donc au manque qui l'affecte, nous permet de repĂ©rer le rĂŽle qu'y joue la fonction phallique puisque si le phallus manque Ă  venir dans le champ oĂč l'objet "a" se prĂ©sente comme tel, alors s'impose la question de ce que me veut l'Autre, la question du dĂ©sir de l'Autre, sans qu'aucune nomination ne permette de l'organiser, de la lier dans la signifiance"

Jacques Garnier, Journées de l'Ali à Rennes, octobre 2006


"Pour nous mettre directement dans notre travail, je ferai appel Ă  trois citations

Freud : "L'angoisse Ă©tant un Ă©tat d'affect, ne peut ĂȘtre Ă©prouvĂ© que par le moi"
Lacan : "L'angoisse est le signe du désir de l'Autre"
Melman : "L'angoisse est liée à l'inexistence de l'Autre"

D. Sainte Fare Garnot, Journée de l'Ali à Rennes, octobre 2006


C'est la corde qui fut le premier outil des mathĂ©maticiens. D'oĂč l'importance dans la gĂ©omĂ©trie d'Euclide, de la rĂšgle (la corde tendue) et le compas (la corde fixĂ©e Ă  une extrĂ©mitĂ©).

Ces deux outils devinrent les instruments fondamentaux de la géométrie de la droite et du cercle.

Les bords du Nil, en Egypte, sont une bénédiction pour les agriculteurs que sont devenus ces peuples civilisés depuis les millénaires. La terre y est, en effet, trÚs fertile et les cultures y sont faciles (...) Chaque année, le grand fleuve y apporte de la nouvelle terre, et chaque année, il l'inonde pour la rendre plus riche encore.

Justement, le problÚme est dans l'inondation des terres. Une fois le fleuve retiré, au moment de planter, comment reconnaßtre son jardin, sonchamp, sur ces immenses surfaces de terre sans aucun repÚre?

Et c'est lĂ  que ceux qui connaissent les premiers rudiments de mathĂ©matiques, les "gĂ©omĂštres" (ceux qui mesurent la terre) de l'administration pharaonique, apparaissent avec leurs cordes et leurs piquets dans leurs mains, et avec les thĂ©orĂšmes de ThalĂšs et de Pythagore dans leurs tĂȘtes pour tracer des perpendiculaires. Ils vont utiliser les bords du Nil comme une immense feuille de travail pour y dessiner des figures "gĂ©omĂ©triques"...

Maths CollÚge, André Deledicq, Editions de la cité

 


L'angoisse

Kierkegaard prend « l'angoisse » comme fil conducteur, dans le Concept de l'angoisse , pour explorer de quelle maniĂšre la libertĂ© s'atteste elle-mĂȘme Ă  l'existence singuliĂšre, de façon paradoxale, seul un ĂȘtre libre pouvant faire l'expĂ©rience de l'angoisse - expĂ©rience de la libertĂ© comme fardeau et obstacle. L'angoisse est le « vertige du possible », on la ressent lorsque l'on est confrontĂ© Ă  une infinitĂ© de possibilitĂ©s et qu'il faut faire un choix. L'angoisse, contrairement Ă  la peur, n'a donc pas d'objet dĂ©terminĂ©. On a peur « de quelque chose », mais on n'angoisse pas « de quelque chose ». L'angoisse est indĂ©terminĂ©e, elle met en branle l'ensemble de l'existence. Heidegger dira que l'angoisse met en branle l'ensemble de l'ĂȘtre, et nous fait apercevoir le nĂ©ant.

Nous portons la lourde responsabilité de ce choix, et de plus nous ne pouvons pas prévoir si ce choix sera bon ou pas. L'existence se caractérise par son aspect fonciÚrement contingent et imprévisible, l'homme doit donc se risquer à choisir et à agir sans pouvoir maßtriser totalement son avenir. C'est le sens du « saut » dans l'absurde. Aucune doctrine, aucun systÚme philosophique ou scientifique, aucune dogmatique religieuse ne peuvent rassurer l'homme quant à ses choix, il doit les faire en ùme et conscience en derniÚre instance. (wikipedia)

 


L'intervalle qui se rĂ©pĂšte, structure la plus radicale de la chaĂźne signifiante, est le lieu que hante la mĂ©tonymie, vĂ©hicule, du moins l'enseignons nous, du dĂ©sir. C'est en tout cas l'incidence oĂč le sujet Ă©prouve dans cette intervalle Autre chose Ă  le motiver que les effets de sens dont le sollicite un discours, qu'il rencontre effectivement le discours de l'Autre, avant mĂȘme qu'il puisse seulement le nommer dĂ©sir, encore bien moins envisager son objet. Ce qu'il va y placer, c'est son propre manque sous la forme du manque qu'il produirait chez l'Autre de sa propre disparition. Disparition qu'il a, si nous pouvons dire, sous la main, de la part de lui mĂȘme qui lui revient de son aliĂ©nation premiĂšre.

Ecrits, page 843


A la fin de la leçon du 19 fĂ©vrier 1974, du sĂ©minaire Les non-dupes errent, Lacan dĂ©ploie sa logique modale. C'est Ă  la page 131 de la derniĂšre version du sĂ©minaire de l’ALI, que nous reprenons ici, avec quelques corrections en suivant la version orale. (Lacan souligne quelques phrases en criant. Nous les avons transcrites en caractĂšres gras)

Pour voir le tableau de la logique modale de la leçon du 19 février 1974, cliquer ici

1:18:17 (à une heure 18 minutes du début de la leçon)

S'il est vrai que ça ne se situe que lĂ  oĂč je vous le dis, c’est-Ă -dire lĂ  oĂč la contradiction n’est en fin de compte qu’artifice, artifice de supplĂ©ance, mais qui n’en reste pas pour ça moins vrai, le vrai jouant lĂ  le rĂŽle de quelque chose dont on part pour inventer les autres modes.

C’est Ă  savoir que nĂ©cessaire que p, quelque vĂ©ritĂ© que ce soit, ne peut se traduire que par ça ne cesse pas de s’écrire.

Chacun voit entre ce fait, ce fait que quelque chose ne cesse pas de s’écrire - entendez par lĂ  que ça se rĂ©pĂšte, que c’est toujours le mĂȘme symptĂŽme, que ça tombe toujours dans le mĂȘme godant... Vous voyez bien qu’entre le ne cesse pas de s’écrire p et le ne cesse pas de s’écrire non-p, nous sommes lĂ  dans l’artefact dont tĂ©moigne justement et qui tĂ©moigne en mĂȘme temps de cette bĂ©ance concernant la vĂ©ritĂ©, et que l’ordre du possible est comme l’indique Aristote, connectĂ© au nĂ©cessaire. Ce qui cesse de s’écrire, c’est p ou non-p. En ce sens, le possible tĂ©moigne de la faille de la vĂ©ritĂ©. À ceci prĂšs qu’il n’y a rien Ă  en tirer.

Il n’y a rien Ă  en tirer, et Aristote lui-mĂȘme en tĂ©moigne. Il y tĂ©moigne de sa confusion Ă  tout instant entre le possible et le contingent, ce qu’écrit ici mon V vers le bas, Λ... car aprĂšs tout, ce qui cesse de s’écrire peut aussi bien cesser de ne pas s’écrire, Ă  savoir venir au jour comme vĂ©ritĂ© du truc
 Il peut arriver que j’aime une femme comme un chacun d’entre vous - c'est ce sorte d'aventures dans lesquelles vous pouvez glisser - ça ne donne pourtant aucune assurance concernant l’identification sexuelle de la personne que j’aime pas plus que de la mienne.

Seulement il y a quelque chose qui, entre toutes ces contingences, pourrait bien tĂ©moigner de la prĂ©sence du RĂ©el. Et ça c’est bien ce qui ne s’avance que du dire pour autant qu’il se supporte du principe de contradiction. Ce qui bien sĂ»r, naturellement, n’est pas du dire courant de tous les jours... Non seulement dans le dire courant de tous les jours vous vous contredisez sans cesse, c’est-Ă -dire que vous ne faites aucune attention Ă  ce principe de contradiction, mais il n’y a vraiment que la logique qui l’élĂšve Ă  la dignitĂ© d’un principe, et qui vous permette, non pas, bien sĂ»r, d’assurer aucun RĂ©el, mais de vous y retrouver dans ce qu’il pourrait ĂȘtre quand vous l’aurez inventĂ©.

Et c’est bien en quoi ce que j’ai marquĂ© concernant l’ impossible, c’est-Ă -dire ce qui sĂ©pare, mais autrement que ne fait le possible, ce n’est pas un ou-ou, c’est un et-et. En d’autres termes, que ce soit Ă  la fois p et non-p, c’est impossible, c’est trĂšs prĂ©cisĂ©ment ce que vous rejetez au nom du principe de contradiction. C’est pourtant le RĂ©el puisque c’est de lĂ  que je pars, Ă  savoir que pour tout savoir il faut qu’il y ait invention, que c’est ça qui se passe dans toute rencontre, dans toute rencontre premiĂšre avec le rapport sexuel.

La condition pour que ça passe au RĂ©el, la logique, et c’est en ça qu’elle s’invente, et que la logique c’est le plus beau recours de ce qu’il en est du savoir inconscient. À savoir de ce avec quoi nous nous guidons dans le pot-au-noir.

Ce que la logique est arrivĂ©e Ă  Ă©lucubrer, c’est non pas de s’en tenir Ă  ceci qu’entre p et non-p, il faut choisir, et qu’à cheminer selon la veine du principe de contradiction, nous arriverons Ă  en sortir quant au savoir.

Ce qui est important, ce qui constitue le RĂ©el, c’est que, par la logique, quelque chose se passe, qui dĂ©montre non pas qu’à la fois p et non-p soient faux, mais que ni l’un ni l’autre ne puissent ĂȘtre vĂ©rifiĂ© logiquement d’aucune façon. C’est lĂ  le point, le point de re-dĂ©part, le point sur lequel la prochaine fois je reprendrai, cet impossible de part et d’autre, c’est lĂ  le RĂ©el tel que nous le permet de le dĂ©finir la logique, et la logique ne nous permet de le dĂ©finir que si nous sommes capables, cette rĂ©futation de l’un et de l’autre, de l’inventer.

 


Et c’est lĂ  qu’entre en jeu tout ce qui s’édifie du terme de phallus qui est bien lĂ  ce qui dĂ©signe un certain signifiĂ©, un signifiĂ© d’un certain signifiant parfaitement Ă©vanouissant, car pour ce qui est de dĂ©finir ce qu’il en est de l’homme ou de la femme, ce que la psychanalyse nous montre, c’est trĂšs prĂ©cisĂ©ment que c’est impossible et que, jusqu’à un certain degrĂ©, rien n’indique spĂ©cialement que ce soit vers le partenaire de l’autre sexe que doive se diriger la jouissance, si la jouissance est considĂ©rĂ©e, mĂȘme un instant, comme le guide de ce qu’il en est de la fonction de reproduction.

Le savoir du psy, 4 novembre 71


C’est trĂšs prĂ©cisĂ©ment pour traduire la formule : Je te demande quoi ? de refuser ce que quoi ? Ce que je t’offre, c’est-Ă -dire quelque chose qui au regard de ce dont il s’agit — et vous savez ce que c’est — c’est Ă  savoir l’objet petit a — l’objet petit a n’est aucun ĂȘtre, l’objet petit a c’est ce que suppose, suppose de vide une demande, dont, en fin de compte, ce n’est qu’à la dĂ©finir comme situĂ©e par la mĂ©tonymie, c’est-Ă -dire par la pure continuitĂ© assurĂ©e du commencement ou dĂ©but de la phrase, que nous pouvons imaginer ce qu’il peut en ĂȘtre d’un dĂ©sir qu’aucun ĂȘtre ne supporte .

Je veux dire qui est sans autre substance que celle qui s’assure des nƓuds mĂȘmes. Et la preuve, c’est que, Ă©nonçant cette phrase : je te demande de refuser ce que je t’offre, je n’ai pu que la motiver de ce "ce n’est pas ça" dont j’ai parlĂ©, que j’ai repris la derniĂšre fois, et qui veut dire que, dans le dĂ©sir de toute demande, il n’y a que la requĂȘte de ce quelque chose qui au regard de la jouissance qui serait satisfaisante , qui serait la Lustbefriedigung supposĂ©e dans ce qu’on appelle Ă©galement improprement dans le discours analytique la pulsion gĂ©nitale, celle oĂč s’inscrirait un rapport qui serait le rapport plein, le rapport inscriptible entre ce qu’il en est de l’un avec ce qui reste irrĂ©ductiblement l’autre.

C’est en quoi j’ai insistĂ© sur ceci, c’est que le partenaire de ce je qui est le sujet, le sujet de toute phrase de demande, c’est que son partenaire est non pas l’Autre mais ce quelque chose qui vient se substituer Ă  lui sous la forme de cette cause du dĂ©sir que j’ai cru pouvoir diversifier, diversifier et ce n’est pas sans raison, en 4, en tant qu’il se constitue, selon la dĂ©couverte freudienne, en tant qu’il se constitue diversement de l’objet de la succion, de l’objet de l’excrĂ©tion, du regard, et aussi bien de la voix.

C’est en tant que substitut de ce qu’il en est de l’Autre que ces objets sont rĂ©clamĂ©s, sont faits cause du dĂ©sir.

Encore 15 mai 73


Il se peut que la spatialitĂ© soit la projection de l’étendue de l’appareil psychique . Aucune autre dĂ©duction n’est vraisemblable. Au lieu du a priori kantien, (les) conditions de notre appareil psychique. La psychĂ© est Ă©tendue, (mais elle) n'en sait rien. Sigmund Freud, 1938, RĂ©sultats, idĂ©es, problĂšmes .


Gamow, physicien quantique, russe d'origine, à qui l'on doit la théorie du Big Bang et d'autres choses encore, raconte cette histoire à propos de Dirac, autre physicien quantique:

Une fois, se trouvant chez Kapitza, Dirac, tout en parlant de physique avec Peter, regardait Anya Kapitza tricoter.

Quelques heures aprÚs les avoir quittés, il revint, tout excité: "Vous savez, Anya," lui dit-il, "en vous regardant faire ce pull-over, je me suis beaucoup intéressé à l'aspect topologique du problÚme.

J'ai trouvé qu'il y avait une autre façon de tricoter, et une seule. Il y a celle que vous employez, puis celle-ci ". Et, de ses doigts longs et fins, il fit sa démonstration. Anya lui apprit que la "nouvelle façon" qu'il venait de découvrir était tout simplement le "point à l'envers", bien connu des femmes."

Cité par Serge Hajlbum dans un forum dans la web


Envers de la psychanalyse

 

Ce qu’on attend d’un psychanalyste, c’est comme je l’ai dit la derniùre fois,

de faire fonctionner son savoir en termes de vérité.

L’amour de la vĂ©ritĂ© est ce quelque chose qui se cause de ce manque Ă 

ĂȘtre de la vĂ©ritĂ©, ce manque Ă  ĂȘtre que nous pourrons aussi appeler autrement,

ce manque d’oubli ce qui se rappelle à nous dans les formations de

l’inconscient, ce n’est rien qui soit de l’ordre de l’ĂȘtre, d’un ĂȘtre plein

d’aucune façon.

Qu’est-ce que c’est que « ce dĂ©sir indestructible» dont

parle Freud pour conclure les derniĂšres lignes de sa Traumdeutung?

Qu’est-ce que c’est que ce dĂ©sir que rien ne peut changer ni flĂ©chir quand

tout change ? Ce manque d’oubli, c’est la mĂȘme chose que ce manque Ă 

ĂȘtre, car ĂȘtre ce n’est rien d’autre que d’oublier.

Cet amour de la vĂ©ritĂ©,c’est cet amour de cette faiblesse, cette faiblesse dont nous avons su lever

le voile. C’est ceci que la vĂ©ritĂ© cache et qui s’appelle la castration.


 

La lettre, selon Mme du Deffand, doit faire entendre une voix, beaucoup plus que développer un point de vue. Il ne s'agit pas de prouver qu'on a raison, mais de susciter l'illusion d'une présence - Voltaire affirmant qu'il ne saurait écrire une lettre si elle ne concerne un thÚme précis ou ne traite d'un problÚme.

La marquise prĂ©tendant qu'il est plus drĂŽle de s'abandonner : Rien n'est plus drĂŽle qu'un commerce oĂč l'on se dit tout ce qui nous passe par la tĂȘte ; mais je n'en suis pas lĂ  avec vous. Ce marchĂ© serait trop avantageux pour moi ; je vous donnerais des bulles de savon en Ă©change du votre en barre.

 


I wish I could tell you half the things Alice used to say, beginning with her favourite phrase Let's pretend . She had had quite a long argument with her sister only the day before - all because Alice had begun with Let's pretend we're kings and queens ; and her sister, who liked being very exact, had argued that they couldn't, because there were only two of them, and Alice had been reduced at last to say, Well, YOU can be one of them then, and I'LL be all the rest.

Alice through the looking glass, Lewis Caroll


Le complexe d'Oedipe est la façon dont on peut se défendre contre la structure par l'histoire.

L'histoire introduit dans la structure une temporalitĂ©, un avant et un aprĂšs, cette temporalitĂ© apprivoise la fonction de la cause puisque dans l'histoire la cause n'est plus supportĂ©e que par ce qui est antĂ©cedent, par ce qui est antĂ©rieure dans la chaĂźne symbolique. L'histoire imaginarise ainsi le Symbolique pour se dĂ©fendre contre le RĂ©el. Ce qui pour l'histoire fait cause n'est rien qu'un prĂ©decesseur dans la chaĂźne : ce qui dans la chaĂźne se trouve avant. Un hommage est ainsi rendu au pĂšre qui, en mĂȘme temps, se trouve enchaĂźnĂ©, puisqu'il est rĂ©duit Ă  n'ĂȘtre qu'un Ă©lĂ©ment quelconque de la chaĂźne ; il ne doit son pouvoir qu'au fait purement accidentel d'avoir Ă©tĂ© avant.
La problĂ©matique de l'histoire est ainsi typiquement obsessionnelle ; elle cĂ©lĂšbre le pĂšre en le rĂ©duisant Ă  n'ĂȘtre que celui qui Ă©tait lĂ  d'abord.
(...)
Nous aimons les histoires parce qu'elles annulent la dimension du Réel.
Le complexe d'Oedipe est prototypique de notre rapport Ă  l'histoire, il est notre Ur-histoire, l'histoire originelle, il dit en effet le commencement, la genĂšse, en mettant le pĂšre Ă  la place de la cause.
(...)
Comment se fait-il qu'un mĂȘme mythe, celui de l'Oedipe, soit retrouvĂ© dans l'inconscient du sujet occidental et ce, que que soit son sexe, puisque ce mythe fonctionne Ă  l'insu du sujet dont, par ailleurs, il mĂ©nage l'ex-sistence sans avoir jamais Ă©tĂ© explicitĂ©?
(...)
Il y a d'autres façon d'historiser le RĂ©el, c'est-Ă -dire lĂ  encore de s'en dĂ©fendre. Il y a par exemple le mythe individuel, cette fois, du nĂ©vrosĂ©. Ainsi la cause, c'est-Ă -dire ce qui est toujours cause de l'insatisfaction, cette cause pourra ĂȘtre attribuĂ©e Ă  des incidences diverses : insuffisance de l'amour maternel, pĂšre chatrĂ©, naissance d'un frĂšre ou d'une soeur, traumatisme sexuel, etc.
(...)
L'Oedipe qui fait du pÚre mort la cause est bien agent de normalisation psychique puisqu'il dit quel est l'étalon de la valeur commune : le phallus. Il fait de la femme l'image désirable et de l'idéal paternel le support du narcissisme. Mais bien qu'étant un agent de normalisation psychique permettant d'entrer dans le circuit des échanges - qu'ils soient sexuels, sociaux ou économiques, - l'Oedipe appelle néanmoins trois remarques.
En premier lieu, il ment sur la cause du désir, puisqu'il désigne cette cause comme étant la mÚre. D'autre part, il organise de façon définitive l'interdit de savoir quelle est la cause véritable du désir sous peine de réaliser l'inceste. Enfin, ce mythe de l'Oedipe fait de l'insatisfaction sexuelle la rÚgle normative.
(...)
Or, sans s'exposer Ă  nul inceste, il est possible de savoir qu'en premier lieu la cause du dĂ©sir n'est pas la mĂšre mais l'objet qu'elle recĂšle dans la mesure oĂč cet objet fait l'attirance du pĂšre pour elle. D'autre part, cet objet peut ĂȘtre su, dĂ©signĂ©, nommĂ© et cela sans aucun risque d'encourir l'inceste ou de le pratiquer, car si la mĂšre est support de l'Autre, du grand Autre comme corps, si elle est corps de l'Autre, si c'est elle dont le corps donne consistance Ă  l'Autre, elle est Ă  jamais pour quiconque insaississable car infinie.

Le caractÚre pathogÚne de incestes effectivement réalisés tient vraisemblablement à une confusion du grand Autre avec l'objet a.

Extrait de Refoulement et déterminisme des névroses,
séminaire de Charles Melman de 1989-90. Leçon du 12 octobre 1989


l’homme va se reconnaütre et se
méconnaßtre partout... Il se sert de cet
autre dĂ©sormais vide comme d’un
miroir vrai pour y projeter la surface
invisible qui est lui-mĂȘme et y voir se
dessiner ce qui lui est le plus interdit -
la Chose

notes/transcription de Claude Conté sur la conférence de Lacan "De ce que j'enseigne"
parue en annexe dans le séminaire sur "L'identification", Ali, page 408



Il faut qu'il y ait une espÚce de transmutation qui s'opÚre du signifiant à la lettre, quand le signifiant n'est pas là - (quand il ) est à la dérive, n'est-ce pas, (quand il) a foutu le camp - dont il faudrait se demander comment ça peut se produire
(...)
Tout de mĂȘme, on ne peut pas faire que sur le sujet de cette lettre on n'ait pas affaire Ă  un champ qui s'appelle mathĂ©matique, Ă  un endroit oĂč on ne peut pas Ă©crire n'importe quoi. (...) C'est en cela que ce domaine se distingue
(...)
Je posai la question de ce qu'on pourrait appeler un mathÚme, posant déjà que c'est le point pivot de tout enseignement. Autrement dit qu'il n'y a d'enseignement que mathématique, le reste est plaisanterie.
Jacques Lacan, ... Ou pire, le 15 décembre 1971



...C’est en tant que ce champ de l’Autre n’est, comme on dit techniquement, « pas consistant », que l’énonciation prend la tournure de la demande, ceci avant que quoi que ce soit, qui charnellement puisse rĂ©pondre...
Jacques Lacan