Commentaire sur La TroisiÚme, par JérÎme La Selve
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La troisiĂšme
Jâai choisi pour prĂ©senter ce travail sur La TroisiĂšme de repĂ©rer les articulations de ce discours puisquâil sâagit dâun discours prononcĂ© par Lacan Ă Rome quelques mois aprĂšs quâil ait terminĂ© son sĂ©minaire Les non dupes errent. Il nous y parle du nĆud borromĂ©en et de la place centrale quây occupe lâobjet petit a.
En introduction, je voudrais vous lire un texte poĂ©tique de Jacques Ancet tirĂ© de son recueil Les travaux de lâinfime, illustrĂ© par Alexandre Hollan, un peintre qui mâa beaucoup inspirĂ© par sa peinture des arbres qui se rĂ©vĂšle ĂȘtre une Ă©criture de ces arbres. Ce texte, lorsque je lâai lu mâest apparu comme une jolie dĂ©finition de l âobjet petit a.
On se dit que tous les jours on lâa perdu, que la brume et le temps lâont effacĂ©. Que le brouhaha a recouvert sa voix. Quâil ne reste rien de son rire et sa pluie dâĂ©clats Ă©tincelants. On se dit que câest trop tard, toujours trop tard. La lumiĂšre laisse ses ombres et sâen va. On sâen va aussi, on ne sait plus oĂč. Toutes les destinations reviennent Ă la pente Ă©troite du mĂȘme escalator noir. Câest lĂ , au moment de descendre quâon le voit monter. On se croise. Son visage est obscur, mais il sourit. Il montre du doigt quelque chose plus haut. Mais on descend, on sâenfonce. Quand on se retourne, on ne voit plus, au dessus, que la bouche de lumiĂšre oĂč il disparait.
Lâobjet petit a est au centre du nĆud borromĂ©en, au coincement du rĂ©el, du symbolique et de lâimaginaire. Lacan nous dit que: «câest Ă lâattraper juste â Ă entendre soit comme juste lâattraper, juste le saisir, soit comme lâattraper avec justesse â que vous pouvez rĂ©pondre Ă ce qui est votre fonction (dâanalyste) : lâoffrir Ă votre analysant ». Cela consiste, me semble tâil, Ă occuper la place de sujet supposĂ© savoir. Cette place est dĂ©terminĂ©e dans le discours de lâanalyste, câest celle de lâobjet petit a en place dâagent. Le psychanalyste occupe la place de ce qui cause le dĂ©sir de son analysant. Lacan nous dit : « Le sujet supposĂ© savoir quâest lâanalyste dans le transfert ne lâest, supposĂ©, que de savoir en quoi lâinconscient consiste dâun savoir qui sâarticule de la lalangue et que le corps qui lĂ parle nây est nouĂ© que par le rĂ©el dont il se jouit. » Cette phrase est particuliĂšrement intĂ©ressante parce quâĂ lire la formule du discours analytique, on constate que le savoir dont il sâagit, S2, en position de vĂ©ritĂ© est placĂ© sous petit a dont il est sĂ©parĂ© par une barre qui fait que la vĂ©ritĂ© sur le savoir inconscient ne peut que se mi-dire. Ce savoir a une limite, lâUrverdrĂ€ngt freudien c'est-Ă -dire ce qui de lâinconscient ne sera jamais interprĂ©tĂ©.
Lâintervention analytique, câest lâinterprĂ©tation. Elle porte uniquement sur le signifiant. Elle se produit dans le symbolique en tant que câest la lalangue qui le supporte et que le savoir de la lalangue, savoir inconscient, gagne sur le symptĂŽme. Jean-Jacques Tyszler dans une confĂ©rence de lâEPhEP rappelait que Freud appelle interprĂ©tation la seule possibilitĂ© de lire la littĂ©ralitĂ© de lâinconscient. Il nâexiste que trois types dâinterprĂ©tation : la scansion oĂč lâarrĂȘt produit un retour, la citation c'est-Ă -dire la mise au mĂȘme rang de quelque-chose qui a Ă©tĂ© dit auparavant et lâĂ©quivocitĂ© qui est une façon de faire surgir du sexuel Ă partir dâun propos banal. LâinterprĂ©tation peut ĂȘtre un jeu de mot, « câest un dĂ©chiffrage qui se rĂ©sume Ă ce qui fait le chiffre, Ă ce qui fait le symptĂŽme, câest quelque-chose qui ne cesse pas de sâĂ©crire du rĂ©el ».
Je vais lâillustrer par une vignette clinique : je reçois un adolescent en grande difficultĂ© scolaire. Je lui ai demandĂ© au titre de sa participation aux sĂ©ances de me prĂ©parer une phrase ou un petit texte Ă me remettre. Il est venu avec cette phrase : Jâai du mĂąl - quâil Ă©crit m, Ăą, l - Ă me sentir bien mĂȘme quand y a pas de problĂšme.
Une des fonctions de lâanalyste est dâĂ©couter parler son analysant. Que se passe-tâil dans cette opĂ©ration ? Il y a lâoreille de lâanalyste â mais pas que â qui Ă©coute parler. Parler câest recevoir son message de lâAutre sous forme inversĂ©e, câest Levi Strauss qui lâa enseignĂ© Ă Lacan. La question qui se pose est de savoir ce quâentend lâanalyste quand il Ă©coute ? Il entend une voix, celle de celui qui parle. Cette voix est chargĂ©e de sens, le sens de la parole, des paroles, paroles creuses, parole vraies dâoĂč surgit un dire. Le dire est portĂ© par la voix ; cette voix , il faut la vider de son sens. Entendre « troisiĂšme », câest entendre aussi le « trois » du nĆud borromĂ©en, câest entendre « treiziĂšme » de La TreiziĂšme de GĂ©rard de Nerval. Entendre « Le discours de Rome, câest entendre « le dit-ce-que », « le disk-ourdrome », quelque chose qui tourne en rond.
La lalangue, peut on dire que câest ce qui se lit (le verbe lire et le verbe lier ont la mĂȘme Ă©tymologie) de lâĂ©criture de lâinconscient ? Lacan dit que la lalangue câest « le dĂ©pĂŽt, lâalluvion, la pĂ©trification qui sâen marque du maniement par un groupe de son expĂ©rience inconsciente ». La lalangue nâest pas vivante, elle est en usage â et lâusage en droit est une jouissance. Elle vĂ©hicule la mort du signe. Elle nâa pas Ă jouer contre son jouir puisquâelle sâest faite de ce jouir mĂȘme. La lalangue articule le corps et la jouissance, elle civilise la jouissance.
La jouissance ! Les jouissances devrait on dire, elles ont toutes un lien avec lâobjet petit a puisquâil se situe au coincement du triskel. Elles sont trois : le sens, la jouissance phallique et la jouissance Autre.
Le sens se situe dans le nĆud borromĂ©en mis Ă plat au lieu de la superposition du symbolique et de lâimaginaire. Il ek-siste au rĂ©el qui le borde. De ce bord surgit un dire portĂ© par la voix. Ainsi, dire, nommer : le rĂ©el, le symbolique , lâimaginaire cela prend du sens pour ces trois ronds de ficelle qui ne se distinguent pas les uns des autres. Cela prend sens dans lâimaginaire ce qui du mĂȘme coup  donne sens aux deux autres.
La jouissance phallique, câest la jouissance du signifiant. Lacan, dans la mise Ă plat du nĆud constate que la jouissance du corps, jouissance de la vie, quâil situe dans lâimaginaire est sĂ©parĂ©e de la jouissance phallique : « la jouissance phallique devient anomalique Ă la jouissance du corps et câest quelque-chose qui sâest aperçue 36 fois ». Anomalique, ça marque la diffĂ©rence, ça vient de norme, nomos, anomalie. La jouissance phallique est hors corps. Le corps sâintroduit Ă la jouissance par lâimage du corps. Câest donc bien que le rapport de lâhomme avec son corps est imaginaire ; lâhomme aime Ă regarder son image câest comme ça. Henri Cesbron-Lavau, lors des MathinĂ©es lacaniennes, faisait remarquer que dans le stade du miroir se produisait la reconnaissance dâune image dans le regard de la mĂšre : câest moi et en mĂȘme temps ce nâest pas moi. Est-ce que, parce que lâobjet petit a nâest pas spĂ©culaire, nous ne passons pas notre temps Ă poser une barre sur cette image, ce que lâon pourrait Ă©crire grand A barré ?
Peut-on dire de lâobservation des animaux et des plantes que toute vie implique une jouissance ? La lalangue, dit Lacan, oĂč la jouissance fait dĂ©pĂŽt, tĂ©moigne que la vie dont un langage fait rejet, nous donne lâidĂ©e que câest quelque-chose de lâordre du vĂ©gĂ©tal. Le parlĂȘtre est le seul Ă pouvoir en dire quelque-chose, mais que dit-il en fait puisquâil est possible de faire dire Ă une phrase nâimporte quel sens ?
Dans le dictionnaire de la psychanalyse, il est Ă©crit que câest dans le sĂ©minaire Encore que Lacan diffĂ©rencie la jouissance masculine de la jouissance fĂ©minine. Cela ne se rĂšgle pas forcĂ©ment sur lâanatomie : si tout parlĂȘtre a une relation au phallus et Ă la castration, cette relation est elle-mĂȘme diffĂ©rente. Le signifiant est cause de la jouissance comme lâobjet petit a est cause du dĂ©sir. Le signifiant en est aussi le terme de cette jouissance. La jouissance phallique est hors corps, hors imaginaire.
DâĂȘtre causĂ©e par le signifiant, la jouissance phallique est dans le nĆud borromĂ©en accessible Ă une femme. Mais une femme nâest pas toute prise dans la jouissance phallique ; nous le savons depuis lâĂ©criture du tableau de la sexuation. Une femme a accĂšs Ă la jouissance Autre, une jouissance hors langage, une jouissance de la lettre, hors symbolique « car câest Ă partir du moment oĂč lâon saisit ce quâil y a de plus vivant ou de plus mort dans le langage, Ă savoir la lettre, câest uniquement Ă partit de lĂ que nous avons accĂšs au rĂ©el ». Lacan dit aussi que cette jouissance de lâAutre est impossible : il est impossible de faire un avec lâAutre. Ce que lâon parvient au mieux Ă faire câest le serrer fort avec le risque quâil finisse par en crever. Il nây a aucune rĂ©duction Ă lâun. Sâil y a quelque-chose qui fait lâun câest le sens de ce qui relĂšve de la mort.
La jouissance Autre dĂ©nommĂ©e aussi jouissance de lâAutre â de Ă©tant un gĂ©nitif objectif â est supplĂ©mentaire Ă la jouissance phallique. DĂšs lors il se peut quâun homme y ait accĂšs. Lacan la situe dans le champ des lettres qui permettent dâattraper un bout de rĂ©el. Câest dit-il, lĂ oĂč nait la science câest-Ă -dire Ă partir du moment oĂč GalillĂ©e a fait des rapports de lettre Ă lettre avec une barre dans lâintervalle, câest-Ă -dire lâĂ©criture dâun rapport et dont il a dĂ©duit les lois de la gravitation. Et ça donne quoi la science ? Quelque chose Ă nous mettre sous la dent de ce qui nous manque dans le rapport de la connaissance, ce qui se rĂ©duit Ă des gadgets.
Le rĂ©el, Lacan en parle tout au long de cette TroisiĂšme : « Le symbolique, lâImaginaire et le RĂ©el, câest lâĂ©noncĂ© de ce qui opĂšre dans votre parole quand vous vous situez du discours analytique, quand analyste vous lâĂȘtes. » Lacan prĂ©cise bien que les termes R, S, I, nâĂ©mergent que pour et par ce discours et que ça nâĂ©claire ni nâinvalide les autres discours. « Le discours du maĂźtre, sa fin câest que les choses aillent au pas de tout le monde. Certes, ce nâest pas la mĂȘme chose que le rĂ©el parce que le rĂ©el câest ce qui ne va pas.». Le rĂ©el câest que RSI fassent nĆud, nĆud borromĂ©en ; le rĂ©el câest le nouage mĂȘme, il commence avec la corde. Le nĆud borromĂ©en commence avec la corde, la corde qui fait nĆud autour de la pierre halĂ©e par les Egyptiens quand ils construisaient les pyramides, la corde qui est la consistance du nĆud, le nĆud qui se noue autour de la pierre. Les Ă©gyptiens tiraient sur la corde.
Le nĆud borromĂ©en est figurĂ© par une corde qui fait cercle, lâimaginaire, qui tourne en rond. Cet imaginaire est traversĂ© par deux autres cordes Ă lâinfini et qui se croisent dans ce cercle. Si lâon rĂ©duit le cercle de lâimaginaire Ă lâinfini, il se produit un point, rĂ©sultat du coincement des trois. Ce point figure de façon rĂ©sumĂ©e lâespace Ă trois dimensions et dĂ©finit lâobjet petit a. Ce point nâest plus le rĂ©sultat du croisement de deux droites mais de celui du coincement de trois cordes. Câest la monstration que le nouage par le rond de lâimaginaire nâest pas moins rĂ©el que celui opĂ©rĂ© par le rond du symbolique ou le rond du rĂ©el.
Le rĂ©el nâest pas le monde ; le monde est imaginaire puisque pris par le sens.
Le rĂ©el nâest pas universel c'est-Ă -dire quâil nâest tout quâau sens strict de ce que chacun de ses Ă©lĂ©ments soit identique Ă soi-mĂȘme - et le nĆud borromĂ©en se constitue de trois rond identiques : ça forme un tout, un ensemble propre Ă chacun.
La question reste de savoir ce que va devenir le rĂ©el, rĂ©el dont dĂ©pend lâanalyste et pas lâinverse, dâautant que le rĂ©el a lâappui du discours scientifique. Ce qui est amenĂ© avec lâĂ©criture du nĆud borromĂ©en, câest que le rĂ©el cesse, de ne pas sâĂ©crire. La consĂ©quence câest, nous dit Lacan, quand les savants sont saisis dâangoisse ; câest le symptĂŽme type de tout Ă©vĂ©nement du rĂ©el. Lâangoisse, ici, câest la mort de lâespĂšce parlante, la mort qui fait signe dans la lalangue. Cela constitue-t-il le bouclage dâune rĂ©volution, dâun cycle Ă partir de quoi tout recommencerait ?
Le nĆud borromĂ©en ne sâĂ©tudie que dans sa mise Ă plat. A la fin de La TroisiĂšme, Lacan se lance dans lâĂ©tude dâun nĆud borromĂ©en complexifiĂ© par ce quâil y rattache : Lâangoisse, figurĂ©e par la corne qui se produit de la consistance du rĂ©el dans lâimaginaire ; Lacan la dĂ©finit comme Ă©tant la peur de la peur. La peur est liĂ©e au corps, nous avons peur de notre corps dit il.
De lâinhibition, Lacan nâen parle pas dans ce discours. Lâinhibition est figurĂ©e sur le nĆud par la consistance de lâimaginaire dans le symbolique.
Lacan parle surtout du symptĂŽme, ce qui vient du rĂ©el dans le symbolique. Il lâillustre par la mĂ©taphore du petit poisson vorace de sens : soit il prolifĂšre soit il en crĂšve. Mais, prĂ©cise Lacan, le sens du symptĂŽme câest le rĂ©el en tant quâil se met en croix pour empĂȘcher que les choses marchent au sens oĂč elles rendent compte elle-mĂȘme de façon satisfaisante. Il prĂ©cise page 265 que le sens du symptĂŽme dĂ©pend de lâavenir du rĂ©el et donc de la rĂ©ussite de la psychanalyse Ă qui lâon demande de nous dĂ©barrasser et du rĂ©el et du symptĂŽme. Il prĂ©dit quâen cas de succĂšs il faudra sâattendre Ă un retour de la vraie religion et il ajoute quâalors, la psychanalyse sâĂ©teindra de nâĂȘtre quâun symptĂŽme oubliĂ©. Dans les cures, on assiste bien Ă lâoubli dâun symptĂŽme ; si donc la psychanalyse est un symptĂŽme pourquoi ne sâoublierait-elle pas ? Lacan prĂ©cise mĂȘme que lâoubli est le destin de la vĂ©ritĂ©. Alors est-il possible que le rĂ©el insiste ?
Pour autant la psychanalyse nâest pas un symptĂŽme social car de symptĂŽme social il nây en a quâun : tout individu est rĂ©ellement un prolĂ©taire qui nâa nul discours de quoi faire lien social, faire semblant. La psychanalyse socialement a une autre consistance que les autres discours, elle se trouve Ă la place du manque du rapport sexuel. Le rapport sexuel, il nây en a dans aucune sociĂ©tĂ©, câest liĂ© Ă la vĂ©ritĂ© qui fait structure de tout discours. La vĂ©ritĂ© câest quâil nây a pas de rapport sexuel inscriptible comme tel, ça pose la question de ce qui se passe aujourdâhui.
Le symptĂŽme, je cite Lacan, est irruption de cette anomalie en quoi consiste la jouissance phallique pour autant que sây Ă©tale, que sây Ă©panouit ce manque fondamental que je qualifierai de non rapport sexuel. Câest en tant que dans lâinterprĂ©tation câest uniquement sur le signifiant que porte lâintervention analytique, que quelque chose peut reculer du champ du symptĂŽme. Câest ici, dans le symbolique, le symbolique en tant que câest la lalangue qui le supporte, que le savoir inscrit de la lalangue qui constitue Ă proprement parler lâinconscient sâĂ©labore, gagne sur le symptĂŽme.
Ce paragraphe me semble rĂ©sumer Ă lui seul lâenjeu de la cure analytique. Nous y participons en tant quâanalyste. Lacan nous dit dans cette TroisiĂšme que le nĆud il faut lâĂȘtre, et de lâĂȘtre il faut nâen faire que le semblant. Le nĆud, son nouage câet le rĂ©el. Lacan nous indique tâil que la position que nous avons Ă occuper quand analyste nous le sommes, est une place dans le rĂ©el, le rĂ©el du dire qui surgit de lâinconscient de lâanalysant qui parle. Si donc le nĆud borromĂ©en reprĂ©sente le grand Autre pour lâanalysant qui parle, en tant quâanalyste  nous nây sommes quâen en tant que semblant de ce grand Autre. On mesure que dâĂȘtre Ă cette place exclut toute pensĂ©e de lâanalyste quant Ă ce qui se dit ; lâanalyste ne pense pas, il est. Il occupe la place de lâobjet petit a de lâanalysant et il nâest que semblant du grand Autre Ă qui il sâadresse.
Bon ! Je mâarrĂȘte sur cette question. Je vous remercie.
12/12/2012
JérÎme La Selve