Présentation du livre "De Pythagore à Lacan..." à Marseille, par Virginia Hasenbalg

 

De Pythagore Ă  Lacan et l’ « Au-delĂ  du principe du plaisir »

Exposé à Marseille de Virginia Hasenbalg-Corabianu

le 17 mars 2016

 

Mon livre est le rĂ©sultat d’un long mais amusant effort : dĂ©crire de la maniĂšre le plus simple possible quelques notions mathĂ©matiques qui s’avĂšrent trĂšs utiles pour la lecture de Lacan et pour la pratique analytique.

Il est aussi une réflexion faite en majorité lors des séances des Mathinées lacaniennes à Paris.

 

Vous n’ĂȘtes pas sans savoir qu’une fois un livre paru, il est livrĂ© Ă  lui-mĂȘme et que l’auteur reste sur les effets de ce qu’il a Ă©crit, ce qui n’est pas nĂ©cessairement une fixation de ce qui a pu ĂȘtre tirĂ© au clair dans le travail d’écriture mais plutĂŽt une relance des questions qu’il a ouvert.

 

Dans l’aprĂšs-coup, je peux dire que ce travail aboutit Ă  un constat, celui de la façon dont les mathĂ©matiques rendent compte de l’inconscient. Cette dĂ©monstration, si on peut l’appeler ainsi, s’appuie sur la distinction entre le discret et le continu. Autrement dit, le discret comme ce qui est sĂ©parable et en tant que tel, mesurable, c’est-Ă -dire, qu’on peut compter, et le continu, comme ce qui se prĂ©sente d’un seul tenant. Imaginez deux verres, l’un rempli de sable, l’autre rempli d’eau. On peut concevoir que l’on puisse compter les grains de sable. L’eau, par contre, se prĂ©sente d’un seul tenant.

Cette distinction est vieille comme le temps. Et elle a fait un saut en avant avec les travaux de Cantor de la fin du XIX et dĂ©but du XX, qui ont formalisĂ© des notions mathĂ©matiques qui, depuis Pythagore, restaient en quelque sorte dans l’ombre.

 

Une bonne premiĂšre partie de l’ouvrage se veut pĂ©dagogique, et se donne le temps pour expliquer quelques notions mathĂ©matiques de base qui permettent de se faire une idĂ©e assez claire de ce que j’avance.

Ce qui nous intĂ©resse c’est que cette distinction, le discret et le continu, nous permet d’imaginer ce qu’est l’inconscient, et d’une façon qui semble ne pas contredire les articulations de Lacan des derniers sĂ©minaires.

 

Les travaux de Cantor s’appuient sur les nombres irrationnels dont les propriĂ©tĂ©s m’ont donnĂ© le plus du fil Ă  retordre.

Rappelons nous que pour Pythagore le monde Ă©tait conçu comme Ă©tant construit avec les nombres rationnels, qui sont les nombres qui servent Ă  compter. Il faut entendre par lĂ  qu’ils relĂšvent du discret. Compter implique sĂ©paration et identification des entitĂ©s Ă  compter. (Je vous dis en passant qu’avec Cantor, ce sont les nombres eux-mĂȘmes qui deviennent des entitĂ©s sĂ©parĂ©s, il traite les nombres comme des objets).

Mais ces nombres eux-mĂȘmes gĂ©nĂšrent un autre type de nombres, les irrationnels, qui n’obĂ©issent pas aux mĂȘmes rĂšgles. Rien de plus simple pour les premiers gĂ©omĂštres que de tracer un carrĂ©. Mais si vous voulez calculer, obtenir la mesure exacte de la diagonale de ce carrĂ©, vous ne le pourrez pas. Il n’y a pas de maniĂšre de le faire. Alors, bien sĂ»r, on doit le mesurer, et cela donne un nombre approximatif, jamais exacte. Mais suffisante pour les arpenteurs de l’AntiquitĂ©.

Pour Pythagore, les mathĂ©matiques Ă©taient la base d’un systĂšme qui devait rendre compte du monde comme un parfait emboitement des nombres. Et cela se vĂ©rifiait avec les rationnels. Et c’est vrai que tout l’édifice logico-mathĂ©matique est fait de rationnalitĂ©.

Mais les nombres rationnels produisent un reste, un rĂ©sidu, les irrationnels, un objet mathĂ©matique qui a dĂ©rangĂ© la logique, parce qu’ils introduisent des paradoxes. Or, ma surprise fut grande de voir que Lacan se sert de l’irrationnalitĂ© pour dĂ©crire l’objet a. Il Ă©voque l’irrationalitĂ© de l’objet a, de cet objet, disait-il, dont on n’a pas idĂ©e.

Le parallĂšle Ă©tait flagrant! L’irrationnel est produit par les entiers naturels, mais il ne fait pas partie du mĂȘme ensemble, de la mĂȘme façon que l’objet a est produit par le signifiant (c’est ce qui choit entre deux signifiants) tout en n’appartenant pas Ă  l’ordre du signifiant.

 

On est amenĂ© Ă  se demander si Pythagore avait Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  un horrible pressentiment, celui de l’objet a, dont vous savez que Lacan se rĂ©clamait l’inventeur. Et Ă  juste titre.

C’est un fait que l’on rĂ©siste Ă  l’objet a. La place de l’agent dans le discours de l’analyste est occupĂ© par cet objet dont la prĂ©sentification pousse Ă  parler, pour s’en dĂ©fendre. Au delĂ  de la rĂ©pĂ©tition Ă  l’oeuvre dans la nĂ©vrose de transfert, lieu d’insistance de la nĂ©vrose infantile, l’analyste n’est que ça, et en tant que tel, destinĂ© Ă  choir.

 

Revenons au maths et aux irrationnels.

Je suis tentĂ© de vous en dire quelques mots, mais attention, ne vous dĂ©couragez pas. J’ai Ă©crit ce livre justement pour rendre ces propriĂ©tĂ©s trĂšs, trĂšs accessibles! Je serai donc trĂšs brĂšve sur ce point.

Vous vous souvenez des trois points suspensifs de Pi, ou de racine de 2. Or, ce nombre infini de dĂ©cimales « non prĂ©visibles ni pĂ©riodiques » est attachĂ© une autre propriĂ©tĂ© fondamentale : ils ne rĂ©sultent jamais d’une mise en rapport de deux nombres. A contrario, n’importe quel numĂ©ro qui rĂ©sulte d’une fraction (une ratio), est un rationnel. Ratio voulant dire fraction, on conclut qu’il y a des nombres qui rĂ©sultent des fractions, et d’autres que pas.

 

J’ai mis trĂšs longtemps Ă  tourner autour de ce postulat, jusqu’au jour oĂč je suis tombĂ© sur l’exercice avec la suite de Fibonacci. Je la dĂ©cris pas Ă  pas, pour partager avec des collĂšgues et des lecteurs le cĂŽtĂ© lumineux de cette affaire.

Voici donc deux mots sur cette construction : on produit une sĂ©rie de nombres rationnels qui se rapprocheront de plus en plus d’un autre nombre qu’il ne rejoignent jamais, un irrationnel. Ce nombre extravagant, c’est comme ça que Lacan l’appelait, s’écrit avec une lettre qui va reprĂ©senter par son Ă©criture un nombre avec une quantitĂ© infinie de dĂ©cimales imprĂ©visibles. Vous Ă©crivez phi, et le tour est jouĂ©. De la mĂȘme façon, vous Ă©crivez objet a. Ainsi, les mathĂ©matiques permettent d’imaginer ce qui sort de l’imaginaire. Imaginer ce qu’on ne peut pas attraper avec le sens. Imaginer le RĂ©el, ça vous permet d’en admettre l’existence.

 

Extrapolons les choses, pour en venir Ă  la constitution de l’appareil psychique Ă  partir de ce que peut entendre un nouveau nĂ©, la lalangue en un seul mot, qui l’entoure, la parole articulĂ©e de ceux qui l’accueillent et qui peut ĂȘtre une douce musique, ou pas. En tout cas, le sens vient aprĂšs. Ce qu’il entend s’inscrit comme un flot continu. Il provient du discret, mais il s’inscrit comme continu.

 

Il y a dans les maths un haut degrĂ© d’abstraction qui nous permet de nous dĂ©placer au-delĂ  ou en deçà du sens des mots, et cela Lacan l’avait aperçu quand il a commencĂ© Ă  se servir de la topologie, qui est une branche des mathĂ©matiques.

 

Alors, donc, qu’est-ce que l’inconscient? La rĂ©ponse qui est apparue avec ce travail est que l’inconscient est l’inscription de la chaĂźne sonore entendue lors de la mise en place de l’appareil psychique.

 

Cette chaĂźne sonore provient donc de l’articulation langagiĂšre de ceux qui entourent le bĂ©bĂ©, elle est faite de tout ce qu’il entend. Mais l’enfant l’inscrit, je dirai, Ă  l’état brut. Ensuite, dans un temps ultĂ©rieur, quand il s’approprie le langage et le sens des mots, ou plus exactement des signifiants dans leur polysĂ©mie, il va faire la dĂ©coupe, la sĂ©paration des Ă©lĂ©ments dans l’étoffe continue qui s’est inscrit Ă  partir de la lalangue maternelle.

 

Cette chaĂźne sonore mise Ă  nu serait ce sur quoi Lacan insiste dans sa lecture de Joyce, Ă  ce dĂ©tail prĂšs que Joyce en fait une Ă©criture, fort particuliĂšre d’ailleurs
 Le dernier chapitre du livre reprend briĂšvement le travail de groupe que nous avons menĂ© dans un « atelier » au MathinĂ©es.

Nous avons essayĂ© de traduire un morceau de Finnegans Wake, Ă  partir de la lecture faite par Joyce lui-mĂȘme et de l’extrait Ă©crit du texte lu. Les participants de l’atelier venaient d’horizons divers : deux collĂšgues de Dublin, des germanophones, des connaisseurs du grec et du latin, des thĂ©ologiens
 Le rĂ©sultat fut surprenant: Ă  partir d’un texte qui paraissait complĂštement hors sens, il est devenue Ă©vident que Joyce transcrivait la « chaĂźne sonore » du papotages des lavandiĂšres au bord du fleuve Liffey, onomatopĂ©es et accent irlandais inclus !

 

Lacan avance dans son séminaire que ce qui fait Joyce est ce qui se ressemble le plus de notre pratique. Son écriture met en relief et dévoile la force et la pertinence des équivoques.

 

La lalangue maternelle est Ă  l’origine d’une inscription premiĂšre. Ce qui est Ă  souligner en clinique ce sont les difficultĂ©s Ă©ventuelles de la mĂšre et de l’entourage proche pour l’articuler parfois ce mammanais afin qu’il serve pour faire appel Ă  la parole chez le petit. Mise en acte de la voix donc, dans la musicalitĂ© d’une parole dont l’importance est moins le sens que l’interpellation, l’appel Ă  une « jaculation ». Que le sujet se « prononce ».

Avec l’apparition du langage articulĂ© dans toute sa portĂ©e symbolique - que Freud dĂ©crit brillamment avec le Fort-Da - va s’inscrire la perte ou l’absence d’un objet primordial dont la quĂȘte future marquera le destin du sujet. L’objet choit avec l’articulation de la parole et du signifiant. Et le sujet aussi


Il y a une note en bas de page dans le passage sur le Fort-Da (dans l’ Au-delĂ  du principe du plaisir) qui rĂ©sume la façon dont c’est le sujet aussi qui choit, barrĂ© par l’articulation signifiante :

 

Cette interprĂ©tation fut pleinement confirmĂ©e par une observation ultĂ©rieure. Un jour oĂč sa mĂšre avait Ă©tĂ© absente pendant des longues heures, elle fut saluĂ©e Ă  son retour par le message BĂ©bĂ© o-o-o-o, qui parut d’abord inintelligible. Mais on ne tarda pas Ă  s’apercevoir que l’enfant avait trouvĂ© pendant sa longue solitude un moyen de se faire disparaĂźtre lui mĂȘme. Il avait dĂ©couvert son image dans un miroir qui n’atteignait pas tout Ă  fait le sol et s’était ensuite accroupi de sorte que son image dans le miroir Ă©tait « partie ».

S. Freud, Essais de psychanalyse, Petite bibliothĂšque Payot

 

Revenons Ă  lalangue.

L’équivocitĂ©, comme une sorte d’au-delĂ  ou en deçà du sens, est le propre de cette lalangue, et on la retrouve au coeur de notre travail d’analystes.

Dans la cure, l’équivoque renverrai Ă  ce primordial du sujet, comme lieu de sa vĂ©ritĂ©.

J’en donne quelques exemples dans mon livre Ă  cause de la dimension du Witz qu’ils introduisent dans le lien social. Un lapsus, une homonymie dans le discours courant suffit Ă  y ouvrir, dans l’acte mĂȘme de l’énonciation, un champ inattendu et pourtant toujours lĂ , celui de l’inconscient. De mĂȘme, la cure analytique dĂ©montre Ă  qui veut le voir, qu’il suffit d’une petite accroche dans la parole pour dĂ©signer quelque chose qui, depuis le refoulĂ©, insiste.

Je dirais que l’inconscient est immĂ©morial, quelque chose dont « dont l'origine est trop lointaine pour que l'on puisse s'en souvenir, qui se perd dans la nuit des temps ». Dans l’Au-delĂ , Freud dĂ©crit l’existence de souvenirs qui n’ont jamais Ă©tĂ© conscients.

Le dictionnaire nous dit aussi : qui manque de mĂ©moire. Rappelons nous les articulations essentielles de Freud sur la rĂ©pĂ©tition et la remĂ©moration. Ce dont on ne peut pas se souvenir on le rĂ©pĂšte dans le transfert. C’est ce que Freud appelle la nĂ©vrose de transfert. Pas d’autre moyen de symboliser, dit il, pour assumer les enjeux cruciaux du passĂ© infantile, qu’en les rĂ©pĂ©tant sans s’en apercevoir, sans en ĂȘtre conscients, bien sĂ»r, dans la relation transfĂ©rentielle. Il y a ici l’idĂ©e de quelque chose qui s’inscrit mais dont la trace n’accĂšde pas Ă  la conscience, tout en ayant un effet qui dĂ©termine une rĂ©pĂ©tition, et qui explique qu’à la fin de cet ouvrage il soit amenĂ© Ă  poser une partie inconsciente du Moi.

Cette rĂ©pĂ©tition, dans ce qu’elle a de dĂ©moniaque, contredit, Ă  partir des annĂ©es 20, la primautĂ© du principe du plaisir, ce qui veut dire que en dernier lieu, dans l’inconscient il ne peut pas y avoir une promesse d’une rĂ©solution complĂšte du refoulĂ©. Il y a un reste. Et Freud Ă©voque un rĂ©sidu, qui insistera dans la cure comme « manque » qu’on ne peut pas rĂ©soudre.

 

Je tiens Ă  vous lire ce passage oĂč Freud dĂ©crit d’une maniĂšre particuliĂšrement Ă©clairante ce dont il s’agit:

 

La floraison prĂ©coce de la vie sexuelle infantile est destinĂ©e au dĂ©clin parce que les dĂ©sirs y sont incompatibles avec la rĂ©alitĂ© et parce que l’enfant n’a pas atteint un stade de dĂ©veloppement suffisant. Elle trouve sa fin dans les circonstances les plus pĂ©nibles, au milieu de sentiments profondĂ©ment douloureux. La perte d’amour et l’échec portent au sentiment d’estime de soi un prĂ©judice durable qui reste comme cicatrice narcissique


(
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La recherche sexuelle, qui se voit assigner des limites par le dĂ©veloppement corporel de l’enfant, n’aboutit pas Ă  une conclusion satisfaisante ; d’oĂč plus tard cette plainte : je ne puis rien mener Ă  bien, rien ne peut me rĂ©ussir. Le lien de tendresse qui attachait l’enfant, surtout au parent de sexe opposĂ©, a succombĂ© Ă  la dĂ©ception, Ă  l’attente vaine de la satisfaction, Ă  la jalousie que suscite la naissance d’un nouvel enfant, cette preuve sans Ă©quivoque de l’infidĂ©litĂ© de l’aimĂ© ou de l’aimĂ©e ; sa propre tentative, menĂ©e avec un sĂ©rieux vraiment tragique, pour crĂ©er lui-mĂȘme un enfant, Ă©choue de façon humiliante ; la diminution de sa part de tendresse, les exigences croissantes de l’éducation, les paroles sĂ©vĂšres et, Ă  l’occasion, une punition lui rĂ©vĂšlent finalement toute l’ampleur du dĂ©dain qui est devenu son lot.

On retrouve rĂ©guliĂšrement ici un petit nombre de modes typiques selon lesquels se termine l’amour qui caractĂ©rise cette pĂ©riode.

Voici que, dans le transfert, les nĂ©vrosĂ©s rĂ©pĂštent et font revivre avec beaucoup d’habilitĂ© toutes ces circonstances non dĂ©sirĂ©es et toutes ces situations affectives douloureuses. Ils aspirent Ă  interrompre la cure alors qu’elle est inachevĂ©e, ils savent se procurer Ă  nouveau l’impression d’atre dĂ©daignĂ©s, contraindre le mĂ©decin Ă  leur parler durement et Ă  les traiter froidement, ils trouvent Ă  leur jalousie les objets appropriĂ©s, ils remplacent l’enfant jadis ardemment dĂ©sirĂ© par le projet ou la promesse d’un important cadeau le plus souvent aussi peu rĂ©el que celui-ci. Rien dans tout cela qui ait pu autrefois produire du plaisir.

S. Freud, Essais de psychanalyse, Petite bibliothĂšque Payot

 

 

Il s’agit d’un manque que Lacan dĂ©crira avec prĂ©cision dans le SĂ©minaire sur la Relation d’Objet, comme relation au manque d’objet, dĂ©clinĂ©e comme privation, frustration et castration. Il le dĂ©signera plus tard comme un troumatisme qui renvoie au refoulĂ© primordial, qui en soi n’a pas de sens, comme la chaĂźne sonore entendue au dĂ©part. Et par rapport Ă  cela, ce que la analyse propose, je le dirai ainsi, c’est que le sujet consente Ă  se ranger sous la banniĂšre de la logique phallique qui rĂ©sulte de la castration. Le trou c’est le trou laissĂ© par un objet perdu, dont l’absence lui assure ainsi une inscription symbolique Ă  tout jamais permettant la mise en place du fantasme. Avec le noeud borromĂ©en, Lacan va plus loin et autrement. L’objet devient coinçable par la consistance d’un nouage singulier.

 

 

 

 

 

 

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